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La finance comportementale : un vrai plus pour la gestion d'actifs ?

Chercheurs et universitaires multiplient les travaux pour avancer sur le sujet de la finance comportementale. Avec parfois l'élaboration d'indices très utiles.
Il est un adage en Bourse qui trouve pourtant de plus en plus de contradicteurs : les marchés ont toujours raison. " Les marchés efficients, c'est du baratin ", a ainsi rétorqué un jour Claude Bébéar. Oui, mais encore ? Pour tenter de décortiquer ce qui pousse les marchés vers le bas ou vers le haut et surtout à partir de quelles réactions humaines ils sur-réagissent, plusieurs professionnels ont décidé de porter leur attention sur ce que l'on nomme la finance comportementale. Des financiers, des chercheurs et des universitaires travaillent sur le sujet d'arrache-pied. Avec des résultats assez intéressants même s'ils sont largement perfectibles et qu'ils auront encore plus de pertinence avec le temps. Parmi ces premiers résultats, des constantes logiquement différentes entre les investisseurs particuliers, peu au fait des techniques de marché, et les professionnels de la gestion de portefeuille, si l'on en croit les travaux réalisés par des universitaires en collaboration avec CCR AM. Chez les investisseurs individuels en actions, certains biais d'investissement les dirigent : ils ont tendance à investir sur des entreprises proches de chez eux ou avec lesquelles ils ont une certaine familiarité. Ils ne diversifient pas beaucoup leurs avoirs, concentrant leur investissement sur deux, voir trois à quatre véhicules. Ceux qui ont perdu de l'argent sur un titre, ne le rachètent pas. S'ils ont vendu une action à un certain cours, y compris en ayant dégagé une plus-value, ils ne voudront pas la racheter à un prix supérieur. Avec cette constante : moins l'investisseur est averti, moins il diversifie son portefeuille. De même, statistiquement, les femmes font moins tourner leurs avoirs, prennent moins de risque que les hommes et du coup ont de meilleures performances à long terme. De leur côté, les gérants professionnels ont tendance à afficher une " sur-confiance " et prennent, paradoxalement, plus de risque que les investisseurs individuels. En revanche, ils maîtrisent beaucoup mieux la volatilité des titres et réagissent plus sereinement aux nouvelles. Ils " modélisent " davantage leur investissement et surtout mutualisent plus les risques avec des portefeuilles diversifiés. " La finance comportementale est une passerelle entre la théorie financière classique et le quotidien des marchés ", soutient Muriel Tailhades, co-directeur de la gestion de CCR AM. Certains tentent déjà d'intégrer ce paradigme dans des outils concrets. Tel Patrick Roger, professeur de finance et docteur en mathématiques appliquées qui a décidé de construire un indice du sentiment de marché basé sur l'évolution au cours du temps, des compositions de portefeuilles détenus par les investisseurs particuliers. D'autres, comme la société 2Bremans propose déjà aux professionnels et aux entreprises, un indice quotidien fondé sur tout ce qui se dit soit sur un indice (CAC40), soit sur une entreprise. Tous les matins, il scrute via un outil informatique quantitatif, tous les commentaires des sociétés de Bourse, les forums de discussions, les sites d'informations, les réseaux sociaux et en déduit un courant plutôt acheteur ou plutôt vendeur sur cet indice ou entreprise. De quoi faire mouliner de vastes programmes informatiques. Et la psychologie là-dedans ?
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