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Sur les marchés
Quelles conséquences de la percée djihadiste en Irak ?
Depuis le début de l’offensive menée par l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) la semaine dernière, les appels au calme de la communauté internationale ne rencontrent aucun écho favorable. Une situation d’autant plus préoccupante que le pays dispose des troisièmes réserves mondiales de pétrole, avec près de 145 milliards de barils et fournit 10% de la production de pétrole. D’ailleurs, les prix du pétrole ont commencé à se tendre avec une augmentation de 5 dollars (+4.5%) du prix du baril sur une semaine, due à une offensive sur la raffinerie de Baiji, qui alimente pourtant le marché intérieur.
Néanmoins, les conséquences à court terme sont limitées. D’une part, l’EIIL est pour l’instant cantonné à l’Est et n’est pas en mesure de déstabiliser le Nord et le Sud du pays où se concentrent l’essentiel des gisements pétroliers. D’autre part, l’offensive menée depuis une semaine n’a pas affecté les capacités d’exportation ; en effet, les exports de pétrole se font depuis les ports du Sud sur le Golfe persique. Si l’offensive gagnait en intensité en revanche, les cours du pétrole au niveau mondial pourraient s’en trouver affectés. Et un ensemble de secteur avec eux.
D’après les analystes de Natixis CIB, les crédits corporate européens en pâtiraient, notamment ceux des cimentiers, producteurs d’aciers et équipementiers plasticiens (Plastic Omnium). Du fait de leur forte consommation de pétrole pour les premiers et de l’importance des dérivés du pétrole pour les équipementiers. Bien évidemment, ces entreprises sont le plus souvent couvertes par des contrats d'achats à terme qui ne feraient pas grimper la facture dans l’immédiat. Pour les concessionnaires d’autoroute, la situation serait toute autre puisqu’ils devraient d’abord faire face à une baisse de la fréquentation (qui surviendrait au bout de deux semaines) avant un retour à la normale due à l’adaptabilité de la clientèle.
Quoi qu’il en soit, il ne fait aucun doute que l’Amérique -qui a fait du pétrole et du gaz de schiste l’alpha et l’oméga de sa politique énergétique- sera bien moins affectée que l’Europe en cas d’aggravation de la situation en Irak. Une mauvaise nouvelle alors que l’Europe est aujourd’hui à la traîne de la croissance mondiale.
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