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Sepa: la zone euro ne devrait pas être prête à temps

L'état de préparation de la France est malheureusement en ligne avec celui des autres pays. Pour Capgemini, il est "hautement probable" que les entreprises ne soient pas toutes prêtes à temps.
Il n'est visiblement pas question que les institutions européennes reportent la mise en place des normes Sepa. Et pourtant, les chances que l'espace unique de paiements en euro pour les prélèvements et les virements effectués sur le Vieux Continents ne soit pas prêt le 1er février 2014 sont élevées. "Il est hautement probablement que Sepa ne soit pas pleinement implanté dans la zone euro à temps", selon un rapport publié la semaine dernière par Capgemini (World Payments Report 2013). D'où la piqûre de rappel ou plutôt l'"appel à la mobilisation générale" lancé lundi par le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, et le gouverneur de la banque de France, Christian Noyer. L'Hexagone n'est pourtant pas le seul pays à la traine. Dans son étude, le cabinet rappelle qu'en juin de cette année, à peine 47% des virements en zone euro n'étaient plus réalisés au format national. Pis : seulement 3,7% de tous les prélèvements répondaient aux nouveaux standards à cette période. Des chiffres en ligne avec les données françaises. En effet, la proportion des virements Sepa s'élève à 50%, quand celle des prélèvements n'atteint que 3%. Le premier volet étant proportionnément plus simple à mettre en oeuvre que le second. "Le succès de l'adoption de Sepa dépend du niveau d'implication des autorités publiques, des banques et des entreprises", précise Capgemini. Si la France est malheureusement dans la moyenne, des différences se font jour d'un pays à un autre. Ainsi, la "Finlande, la Slovénie, le Luxembourg et la Belgique (font partie) des premiers". Loin d'être assimilée aux bons élèves, l'Allemagne n'enregistrait un taux d'adoption pour les virements que de 8,7% au premier trimestre 2013. Et ce malgré la mise en conformité de plus de la moitié des entreprises du DAX 30. L'un des majeurs problèmes rencontré par le pays d'Angela Merkel est similaire à celui de nombreux Etat de la zone euro : "les PME n'ont pas encore commencé la migration". Autre pays, autre barrage. Dans la liste des retardataires de Capgemini figurent les Pays-Bas. Ces derniers, pourtant connus pour adopter les règles européennes dans les temps, peinent à avancer et affichaient un taux de prélèvement Sepa de 14,4% au premier trimestre. Même si l'avancement est appelé à se concrétiser, "la principale raison de cette lente adoption des instruments Sepa aux Pays-Bas est le manque de bénéfices directs pour la plupart des acteurs concernés, explique le cabinet. Le système de paiement actuel néerlandais est hautement efficace et très peu coûteux pour les utilisateurs finaux". Les économies réalisées par les entreprises grâce à Sepa ont été estimé par la BCE à 123 milliards d'euros. Mais le retard pourrait avoir un impact négatif sur les gains escomptés. "En plus de la possibilité de recourir à des moyens de paiement alternatifs tels que le chèque, certaines banques devraient proposer aux entreprises qui ne sont pas prêtes de convertir leurs fichiers de virements et les prélèvements au format SEPA", explique Solenn Le Lay, consultante senior dans l'équipe cash management de bfinance. En revanche, "le coût de ces services ne devrait pas être neutre et il est fort possible que beaucoup de banques limitent ces conversions de fichiers à de petits volumes d'opérations et n'offrent pas ce service de conversion aux grands remettants". Pour ne rien arranger, un trop gros flux de bonne volonté dans les cinq mois à venir pourrait poser problème. "Si toutes les entreprises décident d'effectuer leurs démarches peu de temps avant la date d'échéance, elles risquent d'être confrontées à un véritable goulet d'étranglement", commente Norbert Jamet, responsable marketing produit PME pour la ligne 100 chez Sage. "Si elles continuent d'attendre, beaucoup de sociétés "risquent d'être dépendantes de la disponibilité des prestataires et des banques et d'adopter une solution qui ne serait pas adaptée à leurs besoins", conclut Solenn Le Lay.
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