Politique européenne / Politique européenne
Politique européenne
Politique européenne
"Bruxelles, c’est nous" : quand Macron remet l’église au milieu du village
Le ministre de l’Economie a remis l’église au milieu du village : « Bruxelles, c’est nous ». Par cette simple mais percutante formule, Emmanuel Macron a rappelé les politiques, mais aussi les Français, à une vérité trop souvent oubliée en période d’échecs. « C’est le discours qu’on tient depuis 30 ans, qui consiste à dire quand les choses sont bien faites, nous nous les devons à nous (…), quand nous avons des problèmes, des contraintes, c’est l’affreux Bruxelles », a affirmé aujourd’hui le locataire de Bercy sur France Inter. Une sortie, qui est une réponse sans équivoque à la tribune publiée dans le Journal du Dimanche par son prédécesseur, Arnaud Montebourg, et le visage français de Lazard Matthieu Pigasse. Et qui réhabilite par-là même les institutions européennes en tordant le cou aux « vieux discours ».
« Bruxelles, c’est nous, c’est un choix librement consenti par la France. » Si cela va sans dire, des personnalités influentes continuent d’accuser l’UE de tous les maux de la France. « L'absurde conformisme bruxellois » de la politique de l'exécutif « est devenu une gigantesque fabrique à suffrages du Front national », ont ainsi écrit Arnaud Montebourg et Matthieu Pigasse le week-end dernier. Et d’ajouter que : « Tout président élu commence par aller faire ses génuflexions à Berlin puis à Bruxelles, enterrant en 72 heures ses engagements de campagne ».
C’est oublier que l’Hexagone est au fondement de l’Union européenne, qu’elle fait partie des pays les plus influents à Bruxelles avec l’Allemagne ou le Royaume-Uni et que les règles budgétaires et les transferts de souveraineté -discutables ou non- auxquels elle doit se plier ont été actés en sa présence. C’est ainsi que la fameuse règle qui impose aux Etats de ne pas avoir de déficit public supérieur à 3% du PIB est contenue dans le Pacte de stabilité et de croissance, dont se sont dotés les pays de la zone euro eux-mêmes. De la même façon, le Parlement européen est un hémicycle composé d’élus des différentes nations, qui discutent et votent les textes pour ensuite s'accorder avec les représentants des Etats.
S’il convient néanmoins de reconnaître un véritable talon d’Achille à Bruxelles –à savoir que les institutions du Vieux Continent ont un fonctionnement très complexe très difficile à appréhender pour les citoyens- il ne faut pas non plus jeter le bébé avec l’eau du bain. D’autant que la France est assez mal placée pour parler d’austérité, avec les multiples délais octroyés par Bruxelles pour la réduction de ses déficits. Et ce, alors même que les règles sont censées être là pour protéger les pays d’eux-mêmes. Par ses affirmations du jour, Emmanuel Macron prend courageusement le contre-pied de la pensée actuelle sur le sujet. Reste toutefois à ne pas sous-estimer le sentiment anti-européen et ses causes les plus profondes, qu’elles viennent de Bruxelles ou bien tout simplement de France.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

