Les groupes français viennent se plonger dans l’innovation à New York
« Thinking outside the box ». Plus que jamais, les grands groupes français savent que l’innovation est un enjeu clé pour la survie de leur business model, et sont décidés à prendre les devants pour se réinventer. C’est dans cet objectif qu’une quinzaine de corporates de l’Hexagone ont fait le voyage jusqu’à New York, pour une Learning Expedition de 3 jours avec Paris & co, l’agence de développement économique et d’innovation de la ville de Paris. Financée à 70% par des grands comptes et à 30% par la ville, cette dernière opère neuf incubateurs thématiques au sein de la ville, qui accueille 240 startups : économie circulaire, tourisme, sport, alimentation, santé et bien-être etc.
Chaque incubateur dispose d’une dizaine de partenaires corporates, des grandes entreprises qui choisissent ensemble les startups et font des travaux d’expérimentation avec elle. Et parfois, investissent en minoritaire pour les aider à se développer. « Paris a la plus grande concentration de sièges sociaux des 500 plus grandes entreprises françaises, c’est une opportunité inédite pour travailler et échanger avec des startups », avance Ming-Lie Wong, responsable des partenariats chez Paris&co.
Ainsi, Total est à la fois actif via sa filiale de corporate venture, Total Energy Venture, qui investit dans des projets innovants comme Purple, un acteur qui propose de livrer de l’essence pour éviter d’aller à la pompe. Mais aussi avec sa « Startup Factory », qui aide des employés avec de beaux projets à se lancer ou à créer une activité en interne. L’un des leaders mondiaux de l’industrie pétrolière veut se transformer en acteur incontournable des énergies renouvelables, et s’y emploie : il s’est ainsi allié avec Karos, une startup de covoiturage sur l’île de la Réunion, en offrant des bons de trajets gratuits pour tester le service. Les startups de Paris &co peuvent aussi bénéficier de ces expérimentations pour lever des fonds : Navya, qui exploite des shuttles sans chauffeur entre gare d’Austerlitz et gare de Lyon à Paris, a ainsi levé 34 millions de dollars à l’automne dernier.
Paris & co mise sur le long terme : 50 à 60 startups, qui vont d’un prototype à des revenus supérieurs au million d’euros, sont sélectionnées chaque année et s’engagent pour au moins un an, voire deux ans de plus si leur activité se développe, soit bien plus que les accélérateurs classiques. Une aubaine pour les grands groupes, qui peuvent se projeter avec leurs partenaires. De son côté, Sodexo travaille ainsi avec Wynd, qui développe des moyens de paiement digitalisés, par exemple via un QR code, a investi 20 millions sur les 30 millions d’euros levés par la startup en novembre dernier, et l’a aidée à s’installer en Grande-Bretagne et au Brésil. « L’objectif est de combiner les challenges rencontrés par les grands groupes et les solutions apportés par les startups, de tester des concepts en grandeur réelle et de construire un réseau puissant », ajoute Ming-Lie Wong. Et étant donné l’augmentation en flèche des levées de fonds par les startups de Paris & co, le succès est au rendez-vous.
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