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Facebook trouvera des amis mobiles

Le réseau social a relevé la fourchette de prix de son introduction en bourse, face à une demande logiquement frénétique. Son principal défi désormais, l'Internet mobile, est à sa portée.
Facebook trouverait presque 900 millions d'amis parmi les investisseurs. Le réseau social, qui devrait entrer en bourse dans les prochains jours, a d'ores et déjà rencontré un appétit digne de l'addiction de ses membres. Il a relevé la fourchette de prix d'introduction à 34 à 38 dollars par action, contre 28 à 35 dollars précédemment, ce qui au mieux lui permettrait de lever 15 milliards de dollars franchir la barre mythique des 100 milliards de capitalisation. Facebook est bien sûr d'ores et déjà entré au Panthéon des success stories du 21ème siècle et cette IPO sera la troisième plus importante de l'histoire de la Bourse américaine, après Visa et General Motors. Un record absolu dans l'Internet, puisqu'elle surpasse largement celle de Google, en 2004: elle s'apprête à lever plus de 12 milliards de dollars, contre moins de 2 milliards pour le moteur de recherche. Mais les défis sont encore immenses. Mark Zuckerberg ne s'en est pas caché, lui qui s'est personnellement investi dans cette cotation, véritable tournant dans la vie de sa société. Les trouble-fêtes diront que le rythme de hausse des utilisateurs de Facebook ralentit, de même que son chiffre d'affaires. Mais qui, même parmi les pépites du Web les plus dynamiques, peut se targuer d'une croissance supérieure à 50% sur plusieurs milliards de dollars de revenus et d'une marge d'exploitation de 50%? Google en est désormais loin et ses marges de progression ne sont plus que marginales au regard de son concurrent du Web 2.0. Facebook a quant à lui encore des marges de manoeuvre colossales pour monétiser un trafic inégalé. Aux Etats-Unis, chaque membre est valorisé un peu plus de 9 dollars, contre moins de 5 dollars en Europe et surtout moins de 2 dollars en Asie! Les perspectives financières sont donc immenses, même en dépit d'un marché chinois inaccessible pour le moment. Tout cela justifie, en soi, la valorisation mirobolante du réseau social qui serait certes estimé à 27 fois ses revenus 2011 (contre 5 fois à l'époque pour Google) mais sur un PER de 99, aujourd'hui comparable à son équivalent coté, LinkedIn (PER de 100). "Pour cette opération unique, les investisseurs sont tenus de suivre la vague. On ne leur en voudra jamais de s'être positionné sur l'IPO de Facebook même si le cours chute plus tard, mais on les blâmerait beaucoup de ne pas y être allés", décrypte Virginie Lazès, directrice associée chez Bryan Garnier. Mark Zuckerberg a lui aussi à coeur de transformer cette IPO une totale réussite, donc le prix sera conservateur et devrait grimper en flèche dès les premières séances. L'enjeu se situe donc désormais plutôt sur le long terme. "Facebook a maintenant cinq ans pour passer au statut de leader établi", analyse Virginie Lazès. Pour cela, il faudra réussir à monétiser son trafic via la publicité et la monnaie virtuelle, Facebook Credits. Mais surtout gagner le pari de l'Internet mobile, car dès aujourd'hui la majorité des Internautes consultent leur "wall" via leur mobile. Facebook a pour l'instant eu du mal à trouver son positionnement - l'acquisition d'Instagram pour 1 milliard de dollars en est un aveu -, mais la consommation de ce réseau social est si addictive qu'il semble assuré d'y parvenir, dès qu'il aura trouvé la bonne stratégie. Une réflexion à laquelle ont déjà abouti les investisseurs, qui paieront le prix fort pour accéder aux 10% du capital bientôt mis en vente.
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