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Risque pays : le pire n’est jamais sûr
Bien que l’année 2016 ait été marquée par de nombreux bouleversements, les marchés financiers n’ont pas connu de raz-de-marée. Selon le rapport « Les grandes tendances de l’économie mondiale 2017 » de la Coface, une embellie conjoncturelle semble même s’apercevoir dans les pays émergents. Ce phénomène est en particulier lié au redémarrage de l’activité au Brésil et en Russie, qui devrait participer à une légère amélioration de la croissance mondiale estimée à +2,7% en 2017, après deux années de baisse consécutives. Ainsi, cela pallierait au ralentissement de la Chine, enchaînant d’une bulle de liquidité à l’autre. Des éclaircies apparaissent également dans d’autres pays, grâce à des réformes plus ou moins dures mais qui porteront leurs fruits à moyen terme. C’est le cas de l’Espagne, de l’Europe centrale et de certains pays d’Afrique. Dans les économies avancées, l’activité devrait quant à elle rester stable, portée par le dynamisme étouffé de la demande interne qui devrait perdurer car l’incertitude continuera de dominer le climat économique en 2017.
Malgré tout, le commerce mondial restera affaibli dans les prochaines années, marqué par les mesures protectionnistes qui semblent se profiler. Cela aura pour conséquence de freiner les échanges avec les pays les plus dépendants des exportations vers les Etats-Unis comme ceux d’Amérique centrale, la Thaïlande ou le Vietnam. L’incertitude politique continuera, donc, à être très présente en 2017. Elle le sera également en Europe, renforcée par les prochaines élections, mais aussi par les conditions plus précises sur le Brexit. Pour la Coface, une brutale montée des incertitudes en France pourrait amputer sa croissance de 0,7 points sur un an contre un peu moins de 0,5 points en Allemagne. Dans les pays émergents, le risque politique est plus élevé qu’auparavant, alimenté par le mécontentement social, les frustrations politiques ou le risque sécuritaire en forte dégradation. Des risques qui se retrouvent notamment en Russie, en Turquie et en Arabie Saoudite.
De même, le risque bancaire apparaît comme une réelle menace. L’endettement massif des entreprises fragilise le secteur bancaire, ne permettant plus le financement des jeunes entreprises en pleine croissance. Dans les pays développés, le niveau des défaillances d'entreprises devrait continuer à diminuer mais le risque se reporte sur les créations d’entreprises qui diminuent par rapport à 2015. Dans les pays émergents, le risque de non recouvrement des dettes est en augmentation notamment en Russie, en Inde, au Brésil et en Chine et s’accompagne d’un resserrement des conditions de crédit. Les entreprises chinoises sont parmi les plus endettées, une dette qui représente plus de 160% du PIB. Le rapport de la Coface souligne que c’est la première fois depuis le milieu de l’année 2015 qu’il opère autant de reclassements que de déclassements. De fait, la Turquie et l’Afrique du Sud doivent rester sous vigilance. Le brouillard ne devrait donc pas se dissiper en 2017. Toutefois « le pire dans le pire, c’est l’attente du pire » comme dit Daniel Pennac.
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