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Macro-économie / Taux / Sur les marchés

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La chasse aux actionnaires fidèles est ouverte !

Crédit Agricole annonce ce matin sa volonté de mettre fin à son dispositif de dividende majoré. L'EBA et la BCE jugent qu'il s'agit là d'une "distribution privilégiée" qu'il faut supprimer. D'autres entreprises françaises comme Total, Engie ou Air Liquide l'ont également intégré dans leurs statuts et vont sans doute devoir le faire évoluer. Une mauvaise nouvelle pour ceux qui tentaient de promouvoir la détention d'actions en direct auprès des particuliers.
AG - assemblée générale - actionnaires
AG - assemblée générale - actionnaires

La chasse aux actionnaires fidèles serait-elle ouverte ? Crédit Agricole annonce en tout cas ce matin envisager de mettre fin au principe de distribution d’un dividende majoré pour tout actionnaire détenant (sous forme nominative) des titres de la banque depuis deux ans révolus. Système instauré en 2011 afin, justement de récompenser les particuliers soucieux de placer, dans la durée, leur épargne. La banque n’est d’ailleurs pas la seule à avoir mis en place un tel processus puisqu’Air Liquide, Essilor, Total, Engie, EDF ou L’Oréal comptent parmi celles-ci. Ce principe avait été mis en place, non sans mal, dans les années 90 afin de développer un actionnariat populaire.

Les explications fournies par Crédit Agricole pour mettre fin à ce dispositif ne sont pas sans laisser penser qu’il vit ses dernières heures. « Dans le cadre de ses missions, l’Autorité Bancaire Européenne (EBA - European Banking Authority) a considéré que le paiement d’un dividende majoré par Crédit Agricole S.A. à ses actionnaires, constituait une "distribution préférentielle" non conforme au règlement Capital Requirements Regulation (CRR). La Banque centrale européenne (BCE) confirme cette analyse et demande à Crédit Agricole S.A. de supprimer de ses statuts la clause de majoration du dividende d’ici à septembre 2018 ». Ce que l’établissement bancaire a prévu de proposer à ses actionnaires lors de sa prochaine AGE en avril 2018, tout en précisant qu’il allait chercher à trouver une mesure compensatoire.

Ce qui veut donc bel et bien dire que le dividende majoré est considéré comme une inégalité de traitement entre actionnaires et qu’à ce titre, il n’a pas sa place dans les statuts d’une entreprise. Problème qui avait été levé dès la mise en place de cette récompense. Mais ses promoteurs avaient jugé que les détenteurs d’une action depuis au moins 2 ans n’étaient pas les mêmes que les investisseurs spéculatifs et qu’ils pouvaient donc recevoir cette distribution «préférentielle». Si toutes les sociétés ayant mis en place ce process sont contraintes de le supprimer, comment les actionnaires fidèles seront-ils donc dorénavant remerciés ? Crédit Agricole indique y réfléchir. Mais toute nouvelle forme de récompense ne sera-t-elle pas jugée, au final, comme un privilège intolérable aux yeux des régulateurs ? Ce n’est pas comme cela, en tout cas, que l’on poussera les épargnants, déjà méfiants vis-à-vis des actions, à se tourner vers la Bourse.

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