La cession des titres ADP bien perçue par les marchés
Les titres ADP devraient être vendus autour de 70 euros par action. Si Vinci semble intéressé, l'Etat devrait privilégier les fonds de pension et souverains, plus généreux. Le prochain? GDF Suez semble bien placé.
L'annonce de la cession de 10% des intérêts publics dans Aéroport de Paris (ADP), via la vente conjointe de titres détenus en direct par l'Etat et par le FSI, est plutôt bien perçue par les milieux boursiers. Comme en témoigne la hausse de près de 2% du titre ADP, dans un marché pourtant morose. Cette opération envoie un signal plutôt positif sur ce groupe. Si l'Etat décide de vendre ces titres, c'est parce qu'il pense être en mesure d'en récupérer un bon prix, sans perdre le contrôle de l'entreprise. C'est parce que la société a suffisamment d'atouts pour intéresser des investisseurs, malgré son statut d'entreprise publique.
De fait, ADP a de quoi séduire, malgré les faibles perspectives de croissance du trafic à court terme. Morgan Stanley vient de relever sa recommandation sur l'exploitant aéroportuaire avec un objectif de cours de 79 euros, en soulignant les fondamentaux solides du groupe sur le long terme. Natixis, de son côté, a également relevé à la hausse ses anticipations de profit sur le groupe. Son objectif de cours : 107 euros, compte tenu du caractère plus que jamais défensif de l'entreprise et du discours convaincant de son nouveau patron, ancien numéro un de la très puissante Caisse des Dépôts : Augustin de Romanet.
L'Etat entend-il céder sa participation à un opérateur susceptible de profiter d'un éventuel désengagement plus important à moyen terme ? L'idée est séduisante. Et séduit manifestement Vinci, déjà actionnaire à hauteur de 3% du groupe aéroportuaire et qui ne cache pas son ambition de jouer un rôle non négligeable dans l'hypothèse d'un processus de privatisation. Mais l'Etat, aux abois financièrement, va surement se montrer pragmatique. Et privilégier la solution la plus rémunératrice. En l'occurrence, celle des fonds de pension et des fonds souverains, très friands de ce type d'investissements aux rendements réguliers.
Les analystes estiment que le prix de cession devrait tourner aux alentours de 70 euros, niveau touché tout au long de la séance. Une belle poire pour la soif de Bercy, en passe de récupérer ainsi environ 700 millions d'euros.
Les autres participations sont-elles susceptibles d'être aussi juteuses ? Si l'on part du principe que l'Etat veut se délester d'une partie de son patrimoine, sans perdre le contrôle des participations où il est majoritaire, sans remettre en question les équilibres de pouvoir là où il n'est plus majoritaire, tout en obtenant un bon prix, les options ne sont pas légion.
On peut exclure d'emblée EDF qui, malgré sa détention à 84% par l'Etat, présente l'immense désavantage de perdre encore près de 80% de sa valeur par rapport aux plus hauts boursiers. Si Bercy annonçait sa volonté de tailler dans cette participation, on pourrait effectivement l'accuser de brader les intérêts de la nation. Le cas Renault est également problématique, compte tenu des perspectives sociales du groupe automobile. Celui-ci va sans doute devoir encore tailler dans ses effectifs à court et moyen long terme. Comment expliquer dès lors que l'Etat, lui, s'apprête à réaliser une plus-value sur la cession de ses actions Renault ?
On peut également laisser de côté Safran et EADS, qui ont déjà récemment fait l'objet d'une opération de cession partielle. Reste en bonne position GDF Suez, encore public à hauteur de 36%. Les milieux bien informés pensaient d'ailleurs qu'un allègement serait organisé dans le courant du premier trimestre 2013. Mais Albert Frère a grillé la priorité à Bercy, en vendant la moitié de sa participation dans l'énergéticien. Même si l'on prête aux marchés financiers d'avoir retrouvé une certaine liquidité ces derniers mois, il est sage d'attendre un peu avant de remettre un gros paquet d'actions à la vente. Si l'opération n'est pas annoncée d'ici à la fin du mois de juin, elle pourrait intervenir à la rentrée.
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17/09/2021 - 10:31

