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Macro-économie / Sur les marchés
La Chine, rattrapée par ses démons, fait chuter toutes les places financières
La première journée de cotation de l’année 2016 n’aurait pu être pire pour les investisseurs, puisque l’ensemble des places boursières européennes a ouvert dans le rouge et poursuivaient leur chute à la mi-journée, dans le sillage de l’effondrement des indices chinois. Les autorités de Pékin ont en effet dû stopper les échanges plus tôt que prévu lundi, après une chute de 7% des cours, consécutive à la publication de mauvais indicateurs macros dans le pays. L’indice de Shanghai a ainsi terminé en baisse de 6,86%, tandis que celui de Shenzhen s’effondrait de 8,22%, entraînant la Bourse japonaise dans la tourmente, avec un recul de plus de 3% pour le Nikkei. Les Bourses européennes faisaient également grise mine à la mi-journée: le Dax était en baisse de plus de 4%, tandis que le CAC chutait de près de 2,4%, l’Ibex de 2,46%, le Footsie de près de 2% et l’Eurostoxx de 2,3%.
Principal facteur de l’effondrement des indices chinois, la publication d’un indicateur Caixin de la production manufacturière en baisse, situé à 48,2 au mois de décembre contre 48,6 en novembre, atteignant ainsi un plus bas depuis septembre. Dans le même temps, l’indice officiel PMI a également affiché un niveau faible, inférieur à 50, et se situait en décembre à 49,7. Ce n’est pourtant pas la première fois que la Chine dévoile des indicateurs manufacturiers décevants, et l’impact n’avait pas été aussi violent sur les marchés. D’autant que la production dans ce secteur devrait continuer de ralentir alors que le pays est en pleine transformation de son modèle économique, qui devrait à terme davantage reposer sur les services et la consommation intérieure, au détriment de l’industrie. "L'économie chinoise va rester très volatile cette année et les marchés vont devoir s'habituer au basculement du pays vers un modèle fondé sur la demande intérieure", explique ainsi Bruno Colmant, chef économiste de Degroof Petercam. Selon lui, l'impact de ce changement de paradigme sur les marchés est encore difficile à évaluer, d'autant que des incertitudes subsistent quant aux véritables performances économiques du pays.
Selon les analystes, c’est davantage la fin de certaines mesures prises par les autorités pour enrayer la chute des marchés l’été dernier, qui ont inquiété les investisseurs en ce début 2016. Le 7 juillet 2015, l’autorité de marché chinoise (CSRC) avait interdit aux actionnaires détenant plus de 5% de participation dans des sociétés cotées de vendre leurs titres pendant une période de six mois. Cette interdiction, qui concernait également les investisseurs étrangers, avait permis de faire baisser la volatilité sur les marchés. Or cette règle se terminera dans quelques jours, ce qui pourrait expliquer les inquiétudes sur les places boursières chinoises aujourd’hui. A moins que les autorités ne prolongent l’interdiction, de nombreux investisseurs risquent de se débarrasser massivement de leurs titres dès le 7 janvier prochain. Sachant que la prolongation de l'interdiction de vendre pour les plus gros actionnaires ne serait pas forcément positive pour le marché chinois : "les marchés boursiers ne peuvent fonctionner sous contrainte, le maintien de l'interdiction entraînera seulement une accumulation d'ordres de vente qui à terme risquent de faire sauter le barrage," explique encore Bruno Colmant. Les prochaines semaines devraient encore être mouvementées sur les places boursières chinoises, dans un contexte déflationniste dans le pays, qui devrait amplifier les craintes des investisseurs.
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