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Bolloré tranquille comme Baptiste

En l'espace de deux ans, le résultat net part du groupe a été multiplié par six, et les fonds propres ont augmenté de 63 %.
"Chez Bolloré, il y a toujours des activités qui se portent mieux que d'autres. L'important, c'est que le groupe dans son ensemble ne cesse de progresser. C'est tout l'avantage d'être un conglomérat familial". Vincent Bolloré résume de cette manière les performances du groupe qu'il dirige. L'activité transport et logistique ne s'est jamais aussi bien portée, avec un résultat opérationnel en hausse de 15 % et de nouvelles victoires, comme la conquête du très précieux port de Conakry. Les diversifications dans la communication coûtent de moins en moins d'argent grâce au succès de Direct 8, qu'il va falloir répliquer avec Virgin 17. Les plantations n'ont jamais gagné autant qu'en 2010, avec la forte hausse du prix du caoutchouc et de l'huile de palme. Mais d'un autre côté, le groupe continue d'afficher 70 millions d'euros de pertes opérationnelles dans son activité purement industrielle. La distribution d'énergie a été un peu moins rentable l'an passé. Et tous les regards des investisseurs sont aujourd'hui braqués sur deux projets. D'abord la Blue Car, qui totalise 9.000 réservations et qui commencera à être livrée au début de l'été. Ensuite le projet Autolib', adopté par la Ville de Paris qui va obliger Bolloré à livrer 2.000 véhicules électriques avant la fin 2012. Pour assurer le succès de cette opération, l'industriel breton a accru, en début d'année, sa participation dans l'entreprise commune constituée avec l'italien Pininfarina. A moyen terme, ce dernier doit pouvoir assembler 20.000 véhicules par an. Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, avant que l'activité batteries électriques de Bolloré ne commence à gagner de l'argent. Mais ce qui est sympathique chez cet industriel, c'est qu'il n'attend pas d'avoir un retour assuré sur investissement pour voir plus loin. Il commence déjà à étudier de manière plus large la question du stockage de l'électricité produite par les éoliennes ou le photovoltaïque. Car "l'hiver nucléaire", qui va se produire dans le monde à la suite de la catastrophe japonaise, va amener les pouvoirs publics à regarder nécessairement dans cette direction. Seul un capitaliste familial, peu soucieux de son cours de bourse et capable de miser sur le long terme, peut s'intéresser aujourd'hui à de telles questions. C'est ce qui fait l'intérêt d'un groupe comme Bolloré. C'est aussi ce qui le pénalise sur le plan boursier. Car ce groupe mériterait d'être valorisé bien plus que le montant exact de ses fonds propres ou la moitié de son chiffre d'affaires. Mais la "tranquilité d'esprit" d'avoir des activités très diversifiées et la "liberté" de pouvoir investir où l'on veut méritent bien une petite décote. D'autant qu'avec moins de 20 % du capital libre d'accès, la liquidité du titre Bolloré est fortement limitée.
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