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Emmanuel Macron à Bercy : les financiers applaudissent

Si le patron des patrons demande des gages avant de se réjouir, les milieux financiers se montrent plus optimistes voyant en lui la voie sociale-démocrate et celle de la politique de l'offre.
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

On ne peut pas dire que la Bourse fasse preuve d’un enthousiasme à tous crins ce mercredi au lendemain de l’annonce de l’arrivé d’Emmanuel Macron aux commandes du ministère de l’économie en remplacement d’Arnaud Montebourg. L’indice phare parisien est même plutôt légèrement orienté à la baisse. Les financiers n’auraient-ils pas confiance dans le nouvel homme fort de Bercy ? Ce mouvement boursier est, en fait, à lire entre les lignes. Si la place parisienne fait plutôt grise mine aujourd’hui, c’est surtout parce qu’elle s’était déjà emballée, lundi, à l’annonce du départ de Montebourg, très peu apprécié des milieux financiers. Le CAC 40 a bondi, rappelons-le, de plus de 2% avant de s’adjuger encore 1,2% hier.

Si l’on en juge par les premiers commentaires de ces mêmes financiers, force est plutôt de constater que cette nouvelle figure fait quasiment l’unanimité, même si le patron des patrons, Pierre Gattaz a demandé, ce matin, des gages avant de se réjouir : "Emmanuel Macron a trois atouts : il connaît l'entreprise, il connaît l'économie de marché et il connaît la mondialisation, a-t-il déclaré sur RTL, mais je veux voir les faits et les mesures parce qu'on a trop souvent eu tendance dans notre pays à entendre des discours politiques merveilleux, alors que derrière c'était n'importe quoi au niveau des actes".

Oddo, de son côté se veut beaucoup plus optimiste : « Nous voyons le remaniement ministériel d’hier de manière positive. Primo, cela montre que la politique économique censée être plus favorable aux entreprises n’est pas négociable. Secundo, la communication gouvernementale cessera d’être polluée par les délires de certains ministres. Tertio, la division du Parti socialiste l’oblige à se moderniser. Il serait temps, à gauche comme à droite, qu’on présente aux Français les défis économiques de façon dépassionnée, qu’on cesse d’imputer nos problèmes à des agents extérieurs (globalisation, Europe) et qu’on cherche les solutions hors des manuels poussiéreux du keynésianisme de grand-père ».

Emmanuel Macron est, certes, très loin d’être un grand-père puisqu’à 36 ans, il est l’un des plus jeunes ministres de l’Economie de la Vème république (avec Valéry Giscard d’Estaing qui l’a été au même âge en 1962). Seul Laurent Fabius lui tient la dragée haute, cet énarque et normalien (il a eu 20/20 en philosophie au concours d’entrée) ayant été ministre du Budget à 35 ans et Premier ministre à 38. Le cursus de la nouvelle vedette de Bercy n’a toutefois pas grand-chose à envier à son homologue. Diplômé également de l’ENA (promotion Léopold Sédar Senghor), Macron a parallèlement obtenu un DEA de philosophie politique consacré à Hegel. Avant de s’engouffrer rapidement dans le monde de la finance en devenant associé gérant chez Rothschild à l’âge de 33 ans. Ce qui lui vaut d’ailleurs les bonnes grâces de nombre de grandes figures du capitalisme, à commencer par celles de Claude Bébéar qui loue son expérience de haut fonctionnaire et sa bonne vision de l'économie. « Au poste qu'il occupe, c'est un atout. Trop de princes qui nous gouvernent ne savent pas de quoi ils parlent ».

D’autres professionnels de la finance voient également d’un bon œil la nomination de cet ancien conseiller économique de François Hollande, parti récemment de l’Elysée compte tenu de l’ombre que lui faisait Jean-Pierre Jouyet. Comme Aurel BGC : « le Président, pourtant adepte du compromis habituellement, envoie cette fois un message clair : avec Michel Sapin aux Finances, Emmanuel Macron à l’Economie et Laurence Boone comme conseillère économique, la voie sociale-démocrate et la stratégie de la politique de l’offre sont clairement confirmées. Ce qui pourrait faire s’étrangler les frondeurs du PS. Mais le Président fait sans doute le pari que les députés ne prendront pas le risque de mettre le gouvernement en minorité, sous peine de dissolution de l’Assemblée et donc d’une nouvelle débâcle potentielle pour la gauche aux élections qui suivraient ».

Reste à convaincre le monde de l’entreprise. Le Club des Entrepreneurs, par la voix de son président, Guillaume Cairou, a pris acte, ce matin, de cette nomination. "Nous serons vigilants à ce que celui qui est à l'origine du Pacte de Responsabilité veille à sa mise en place et à sa concrétisation dans les plus brefs délais afin d'apporter à nos entreprises le souffle dont elles manquent cruellement. Nous attendons aujourd'hui de ce nouveau ministre qu'il fasse preuve d'esprit d'initiative et de courage pour relever les défis que l'économie doit relever et les enjeux que nos entreprises doivent surmonter. Il nous apparaît intéressant qu'un homme de la qualité et du talent d'Emmanuel Macron puisse veiller à la pertinence et à l'efficacité des réformes structurelles dont notre modèle économique a besoin afin de lever les obstacles à notre compétitivité. La période économique particulièrement tendue que nous traversons rendent précieuse l'expérience dans le privé et l'esprit d'entreprise que nous lui connaissons. Cette nomination est un signal positif pour le monde des entrepreneurs. " affirme-t-il ainsi.

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