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Rachat de Leetchi : le challenge des banques face à l’innovation des fintechs
Leetchi, le site Internet préféré des Français pour organiser des collectes d’argent pour des anniversaires et autres célébrations, a créé la surprise en annonçant vendre 83% de son capital au Crédit Mutuel-Arkea pour plus de 50 millions d’euros. La banque, très active dans l’investissement dans les start-up et notamment actionnaire de Prêt d’Union, la plateforme de crowdfunding, et de Linxo, un outil qui rassemble l’ensemble des comptes bancaires, démontre ainsi le succès de cette stratégie.
Le succès récent de ces fameuses fintechs, qui rebattent totalement les cartes du secteur bancaire, démontre à quel point elles sont capables de proposer un accès alternatif, facile et peu coûteux aux services financiers en ligne. Cet engouement remonte au lendemain de la crise financière, lorsque la relation de confiance entre le client et sa banque a été rudement mise à mal. Les fonds de capital-risque n’ont pas tardé à surfer sur cette lame de fond : ils ont abondé plus de 12 milliards de dollars dans la fintech en 2014, contre 3 milliards en 2013, selon Accenture et CB Insights, portée par la conviction que la société entière se convertira à ces nouveaux outils.
Face à ces nouveaux concurrents, les banques ont des réactions divergentes. La banque américaine Wells Fargo a annoncé fin juillet la mise en place d’un accélérateur en interne, basé à San Francisco et qui comptera 130 salariés d’ic à la fin de l’année. Il a pour vocation de prendre des participations de 50 à 500 000 dollars dans des start-up proposant des services financiers innovants, mais aussi un programme de mentorat de six mois. La banque avait retenu trois candidats l'an passé et à nouveau trois autres en avril dernier.
D’autres choisissent d’intégrer ces nouveaux services par la voie de la croissance externe : en début d’année, Capital One a ainsi acquis Level Money, une application qui permet de visualiser son budget en un seul coup d’œil et l’an dernier, BBVA a mis la main sur la banque en ligne Simple afin de s’approprier une clientèle jeune, habituée à des services numériques et gratuits. De son côté, Bank of America a décidé d’écarter la voie des « innovation labs » en interne, qui ne rapportent pas plus de 10% sur investissement, mais organise à la place des rencontres avec des start-up afin d’écouter leurs propositions et de s’enrichir mutuellement. Enfin, Capital One a frappé fort puisqu’elle a réussi à débaucher Don Kingsborough, patron du retail chez Paypal, pour prendre en charge sa stratégie digitale.
Ces exemples montrent à quel point les banques sont obligées de chambouler leur fonctionnement existant pour affronter des Lending Club et autres Square, mais aussi Apple Pay et Google Wallet, les géants de la Silicon Valley qui viennent chasser sur leurs platebandes. Les institutions traditionnelles doivent donc non seulement répondre à ce besoin en développant des ressources d’innovation en interne, mais aussi intégrer les start-up les plus en vue par la croissance externe pour aller encore plus vite. La meilleure manière aujourd’hui d’optimiser l’expérience client et d’accompagner leur goût pour les services financiers nouvelle génération.
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