Macro-économie / Taux / Sur les marchés
Macro-économie / Taux
Sur les marchés
Le flux des entrées et sorties s'est dégradé en 2017 à la Bourse de Paris
Ricol Lasteyrie Corporate Finance, membre du réseau EY, présente ce matin le 9ème Observatoire des Offres Publiques. Cette étude annuelle recense l’ensemble des offres publiques sur les actions de sociétés cotées en France, déclarées conformes en 2017 par l’AMF. De même détaille-t-elle l’évolution des marchés d’Euronext Paris (introductions en Bourse, retraits de cote, réformes...), ainsi que celle du rythme des augmentations de capital.
Parmi les principaux enseignements de cette étude, on note un net redressement des montants investis dans le cadre d’opérations de M&A : 14,3 milliards d’euros à comparer à 5,4 milliards un an plus tôt, soit le second meilleur niveau depuis 2011. 40 offres publiques ont été initiées, à comparer aux 35 opérations comptabilisées en 2016. Tous ces deals ont été amicaux.
Coté valorisation, le bilan est plus mitigé. La prime médiane offerte aux détenteurs d’actions atteint 19,8 % par rapport au dernier cours de Bourse avant annonce de l’opération. Elle est ainsi inférieure à celle de 22,2 % observée en 2016. Il faut remonter à 2014 pour retrouver une telle prime. Celle -hors extrêmes, de 11% par rapport à la valeur intrinsèque des entreprises cibles - a en revanche progressé par rapport à celle de l’an passé (8,3%).
20 sociétés ont été retirées de la cote à la suite d’offres publiques initiées en 2017, soit 5 de plus qu’en 2016. Trois sociétés ont également suivi le même chemin, suite à des offres organisées en 2016. Ce qui fait dire aux rédacteurs de l’étude que cette tendance n’est pas vraiment négative puisqu’elle est la conséquence d’un regain d’opérations financières.
En revanche, cette enquête met le doigt sur un problème endémique à la Bourse de Paris : la réduction du nombre de valeurs cotées, du fait d’un flux négatif entre les entrées et les sorties. En 2017, la place parisienne a effectivement enregistré 14 IPO : 9 opérations sur Euronext et 5 sur Euronext Growth (ex-Alternext), un nombre en léger recul par rapport aux 17 introductions de 2016. A ce titre, Paris ne fait d’ailleurs plus partie du classement des places les plus actives (alors qu’elle figurait en cinquième position en 2016). Et ce, même si ces opérations se sont pourtant accompagnées de levées de fonds totalisant 2,42 milliards d’euros contre 909 millions un an plus tôt.
Du coup, Ricol Lasteyrie constate une forte dégradation du flux net entre les entrées et les sorties de cote, atteignant son point le plus bas depuis 3 ans avec un total négatif de 19 en raison de la radiation de 33 sociétés (23 retraits suite à une offre publique et 10 faillites) pour seulement 14 arrivées. Cette évolution, déjà visible depuis plusieurs années, n’est pas sans inquiéter nombre de professionnels boursiers.
Plus positif est le bilan 2017 des augmentations de capital : 107 sociétés ont fait appel au marché l’an passé pour lever près de 14 milliards d’euros. Ces statistiques sont en forte hausse comparées aux données respectives de l'an passé, avec 54 sociétés et 9,1 milliards d'euros levés. Parallèlement, 21 opérations ont été supérieures ou égales à 50 millions d’euros (12 transactions en 2016). « Ces chiffres illustrent un recours grandissant aux marchés financiers pour se financer. La désintermédiation du financement a encore progressé en France en 2017, profitant de la très bonne tenue des marchés », précisent les auteurs de l’étude.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

