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La BRI s'inquiète du rôle trop prégnant des Banques Centrales sur les marchés financiers

Les taux d’intérêts bas, entretenus par les Banques Centrales, risquent d’impacter l’économie à long terme, non seulement sur le marché obligataire mais aussi sur le bilan des établissements bancaires. Les Banques Centrales doivent trouver un meilleur équilibre entre intervention et soutien de l’économie.
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Même si le Brexti représente un risque non négligeable pour les économies européennes notamment, son impact a été bien maitrisé par les marchés financiers, note la Banque des Règlements Internationaux (BRI) dans son rapport trimestriel. En revanche, le véritable risque, pour elle, pourrait provenir des marchés obligataires. « Les rendements obligataires ont continué à reculer et les courbes de rendements à s’aplatir – un signe avant-coureur caractéristique de perspectives de croissance en berne », analyse Claudio Borio, chef du département monétaire et économie à la BRI. Les taux négatifs ont évidemment joué sur cette tendance et le stock global de dette souveraine proposant des rendements négatifs a atteint un nouveau sommet cet été, dépassant largement les 10 000 milliards de dollars. « Fait encore plus extraordinaire, les rendements négatifs commencent maintenant à envahir les marchés secondaires des obligations d’entreprises, voire à toucher certaines émissions primaires », ajoute Claudio Bario.

Autre sujet d’incertitude et même d’inquiétude pour la BRI, l’activité des banques. « Les annonces de bénéfices étaient mitigées, voire décevantes, les cours des actions bancaires ne suivaient pas l'indice global ou reculaient, et les ratios cours/valeur comptable stagnaient généralement au-dessous de 1 » souligne ainsi Claudio Bario. D’ailleurs, les stress test de juillet n’ont pas rassuré totalement les marchés sur la capacité des banques à aller de l’avant et plusieurs signes de tension sur le marché du financement à court terme ont émergé. La hausse récente du Libor, est liée notamment à une nouvelle réglementation sur les fonds monétaires américains qui va augmenter le coût du financement. Ainsi, « le coût des emprunts en dollar au travers du marché des swaps a encore grimpé pour plusieurs monnaies, en particulier le yen et l’euro, durcissant les conditions de financement pour les banques qui y ont largement recours » souligne ainsi le responsable de la BRI.

Pour l'institution, l’intervention de grande ampleur des banques centrales dans l’économie n’est pas nécessairement positive, puisqu'elle créé des interactions entre leur décision et celles d’allocation de portefeuille des acteurs du marché. D’un coté, les banques centrales proposent d’associer taux bas proches de zéro et rachat d’actifs afin d’assouplir les conditions financières pour stimuler l’économie. De l’autre coté, les acteurs du marché pèsent sur les taux d’intérêt en essayant de trouver des actifs qui collent à leurs engagements de long terme. Mais l’idée désormais intégrée par tout le monde que les taux bas sont installés pour longtemps a eu un double effet. D'une part, cela a entraîné un report sur les actions, « aboutissant aux symptômes habituels d’exubérance », note la BRI. Par ailleurs, cet environnement suscite des interrogations sur la santé des banques. Les taux bas et la baisse des rendements « ont tendance à éroder la marge d’intérêt nette et à réduire le coût associé à la détention de prêts improductifs, ce qui reporte le nécessaire assainissement des bilans des banques », souligne ainsi Claudio Robio.

Au final, pour la BRI, les Banques Centrales pèsent trop sur les décisions des marchés et leur évolution. Des comportements totalement désordonnés et irrationnels que la BRI relève dans son dernier rapport. « Il est de plus en plus évident que les banques centrales ont été trop sollicitées pendant trop longtemps », note encore Claudio Bario. « Une combinaison plus équilibrée de politiques publiques est essentielle pour mettre l'économie sur la voie d'une expansion plus robuste, équilibrée et viable » recommande-t-il.

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