France : l'investissement va-t-il repartir en 2014 ?
L'investissement a reculé pour la deuxième année consécutive dans l'Hexagone. En cause : la compétitivité des entreprises et des marges au plus bas. En 2014 pourtant, il devrait croître au rythme du PIB selon l'INSEE.
Nouvelle année de baisse pour l'investissement des entreprises françaises, qui n'ont visiblement pas le moral : après un recul de 1,9% en 2012, il a cette fois-ci baissé de 1,8%. Plusieurs raisons sont souvent citées pour expliquer cette déprime des entreprises françaises : une baisse de leur compétitivité du fait d'un coût du travail trop élevé, un recul de leur taux de marge, au plus bas depuis 2008, le resserrement du crédit bancaire et des capacités de production inutilisées encore très importantes.
Le tableau est pourtant moins sombre et alarmant si l'on observe l'investissement des sociétés de l'Hexagone sur une plus longue période. Ainsi, il a plutôt bien résisté depuis 2008, si on le compare aux autres Etats de la zone euro. " Le taux d'investissement des sociétés non financières dans chacune des grandes économies européennes est gouverné en premier lieu par le cycle économique : baisse au début des années 2000, progression jusqu'en 2007, chute en 2008-2009, fugace remontée en 2010 et nouvelle baisse jusqu'aujourd'hui ", expliquent les économistes de l'INSEE. Or au total, de 2000 à aujourd'hui, la baisse du taux d'investissement est compris entre 2 et 7,5 points en Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Espagne mais elle est nulle en France. Ainsi, l'investissement des sociétés de l'Hexagone, hors construction, est sur une dynamique plutôt favorable depuis quinze ans.
Du début des années 1990 jusqu'au milieu des années 2000 en effet, le coût de financement des entreprises a fortement baissé, de même que le prix relatif de l'investissement, tandis que le taux de marge était globalement stable. Celui-ci est donc passé de 160 en 2000 à près de 200 en 2007. En revanche, à partir de 2007, le taux de marge des sociétés s'est fortement dégradé. Mais il a été compensé par une poursuite de la baisse du coût de financement, grâce à plusieurs mesures de soutien aux entreprises mises en place à partir de la crise. Si l'on ne peut pas quantifier l'impact de ces mesures, signale l'INSEE, elles ont nécessairement eu un impact vu la différence d'évolution entre la France et le reste de l'Europe. L'institut de statistiques évoque notamment la suppression de la taxe professionnelle en 2010, le Crédit Impôt recherche étendu en 2008 à de nombreuses entreprises (son coût a d'ailleurs progressé de 5 milliards d'euros) et les investissements d'avenir. Enfin en 2008, au plus fort de la crise, alors que les banques durcissaient les conditions de crédit, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures de soutien à la trésorerie des entreprises (soutien d'Oséo, remboursement des créances fiscales, médiation du crédit...). " Les entreprises de l'Hexagone ont donc selon l'INSEE davantage pâti d'un choc de la demande que d'un choc de crédit ", concluent les économistes.
Mais depuis deux ans, force est de constater que les facteurs de soutien aux sociétés ne jouent plus et l'incertitude fiscale a contribué à plomber l'investissement. Quelle sera la tendance l'an prochain ? l'INSEE est plutôt positif : l'activité économique semble se redresser d'après les derniers indicateurs (climat des affaires, redressement du PIB...). Puisque l'étude historique montre que l'investissement suit généralement les cycles économiques, le scénario " suiveur " est celui qui parait le plus probable aux économistes, à savoir une très légère reprise de l'investissement (+0,7%, +0,2%, +0,3%) sur les trois prochains trimestres. Mais la dynamique sera très hétérogène en fonction des secteurs avec un secteur de la construction toujours en baisse (-1,3%) alors que celui des produits manufacturés devrait bien se porter (+2,4%).
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