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Sur les marchés
Après les green bonds, place aux blue bonds
Ce n’est plus la peine d’expliquer ce qu’est une « green bond », cette obligation verte aujourd’hui très prisée des groupes énergétiques et autres, soucieux de démontrer que pour se financer autant faire sien les principes de responsabilité sociale et environnementale. C’est ce que fait EDF depuis un bon moment mais aussi Engie ou Unibail-Rodamco et Icade en émettant des obligations visant à financer des projets à forts bénéfices environnementaux. La France, dans ce domaine, a d’ailleurs pris une longueur d’avance sur ses voisins européens avec 37,7 milliards d’euros levés l’an passé contre 22,5 milliards pour son challenger allemand et 5,1 milliards pour l’Italie.
Le sujet attire tellement les investisseurs institutionnels de tous poils que les ingénieurs de la finance ont identifié un nouveau produit connexe susceptible d’attirer de nouveaux capitaux. Il s’agit, cette fois, d’une « blue bond », obligation bleue reposant sur la thématique de l’eau. Les projets à financer seraient ici des usines ou process de traitement des eaux, des systèmes de dépollution ou toute formule d’efficacité dans l’usage de l’eau.
L’inquiétude grandissante vis-à-vis de la pollution des mers avec toutes les conséquences environnementales qu’elle suppose sur la faune et la flore impose à nombre de parties prenantes de prendre le sujet à bras le corps et d’envisager des solutions parfois de grande ampleur. Ces solutions nécessitent bien logiquement d’importants moyens qui pourraient, dès lors, être financés par ces « blue bonds ».
Les promoteurs de ce nouvel outil se fondent sur les principes retenus pour les émissions de green bonds. La Commission européenne, WWF et la Banque européenne d'investissement (BEI) ont déjà dévoilé 14 principes financiers bleus en mars 2018. Ceux-ci sont supposés améliorer la santé des océans grâce à l’émergence de nouveaux outils financiers.Reste à le faire savoir et à mettre face à face émetteurs et investisseurs. Sachant que les grandes entreprises nationales, pas forcément spécialisées dans l’énergie, sont tout-à-fait partantes pour se lancer dans de telles initiatives très bien vues. Si, comme le pensent déjà plusieurs promoteurs de cette idée, ces projets sont mis de la même manière en avant que ceux de l’économie verte et avec les mêmes avocats (politiques, étatiques ou associatifs), il n’y a pas de raison que les « blue bonds » ne rencontrent pas le même succès.Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

