Airbus et Boeing à couteaux tirés sur les avions de petite taille
L’aérien serait-il définitivement entré dans l’ère des alliances ? Si l’on en juge par les deux dernières grandes annonces, on sent effectivement que ce type de rapprochement entre les différents acteurs du secteur est clairement privilégié. Celle annoncée il y a trois mois entre Airbus et Bombardier en témoigne ; celle annoncée hier entre Boeing et Embraer le confirme. On pense aussi à celle nouée plus tôt dans l’année entre Air-France KLM et les deux compagnies Delta Airlines et China Eastern Airlines, même si ces accords commerciaux ont également été assortis d’une prise de participation au capital de la firme franco-néerlandaise.
Dans le cas de Boeing et d’Embraer, le projet envisagé entre les deux groupes ressemble, certes, à une réponse du berger à la bergère, tant l’annonce faite par Airbus et Bombardier mettait le géant américain dans l’embarras vis-à-vis des avions de petite taille. A voir maintenant quelle forme prendra concrètement cette alliance, même si sur le fond elle a, elle aussi, pour objectif de muscler ces deux protagonistes sur le créneau des avions de 100 à 200 places. L’Etat brésilien aura à cœur, en tout cas, de donner son avis via la "golden share" qu’il possède chez Embraer. Le pays est aux abois et fait feu de tout bois pour réduire l’ampleur de sa dette. Mais Embraer est un fleuron national qu’il ne devrait pas laisser filer comme cela aux Etats-Unis.
Ce rapprochement témoigne enfin de la célérité avec laquelle tous ces groupes aéronautiques réagissent aujourd’hui face aux nombreux mouvements qui se nouent. Il est clair que ces spécialistes sont contraints d’aborder tous les formats possibles tout en bénéficiant d’une puissante force commerciale : d’où ces alliances entre grands mastodontes et plus petites structures. Vu l’accélération des commandes des compagnies aériennes, les constructeurs ont également tout intérêt à travailler en étroite collaboration avec un maximum d’intervenants, de manière à mieux gérer en amont les flux de production internes.
Reste qu’Airbus traverse actuellement de terribles turbulences qui se traduisent déjà par une hécatombe au niveau de sa direction. Hémorragie qui va bien logiquement avoir de rapides conséquences sur sa stratégie de développement. Boeing va-t-il en profiter ?
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