Un Coca sans bulles ?
Coca-Cola a publié des résultats semestriels en ligne, mais pourrait avoir du mal à garder sa place de référence mondiale des sodas.
Coca-Cola ne créera pas de Pschiit sur les marchés avec ses résultats trimestriels. Mais dans le contexte difficile de la grande consommation, force est de constater la résilience du roi des soft drinks, propriétaire de plus de 3.000 produits dont Fanta et Sprite. Il affiche un bénéfice net de 1,9 milliard de dollars sur le semestre, stable depuis un an. Cette performance est couplée à un résultat opérationnel en baisse de seulement 4 % à 8,04 milliards de dollars, alors même que les taux de change ont impacté négativement ce résultat de treize points !
Le groupe emmené par Muhtar Kent a adopté un comportement pragmatique face à la crise, et préféré maintenir les volumes de ventes (+2 % sur le trimestre) tout en maintenant la pression sur les prix, d'où une légère dégradation du chiffre d'affaires.
Les ventes trimestrielles ont reculé de 4 % à un peu plus de 8 milliards d'euros, traduisant deux évolutions dissymétriques. D'un côté les pays développés dont la consommation stagne. De l'autre les pays émergents qui plébiscitent ces boissons grand public occidentales. Le rattrapage est aussi bien économique que sociologique, et l'Inde a vu ses ventes bondir de 37 % et la Chine de 15 %. Même chez les consommateurs de Coca de la première heure, il n'y a pas beaucoup à craindre d'un transfert vers les marques de distributeurs. Quiconque a déjà goûté au Cola de supermarché confirmera le potentiel de résistance de la marque centenaire.
Mais conscient du danger, Coca-Cola a déjà pris les mesures s'imposant à un géant industriel en période de récession. Un plan prévoit de réaliser 500 millions de dollars d'économies à fin 2011, dont plus de la moitié seront obtenues à la fin de l'année. Et le groupe de plus de 90.000 employés a amélioré son cash flow de 11 % en un an. Cette attitude rationnelle et son statut de référence du marché ont jusqu'ici convaincu les spéculateurs de faire de Coca-Cola une valeur-refuge, le titre ayant progressé de presque 20 % depuis un an. Mais en sera-t-il toujours ainsi, alors que le groupe vient de céder sa place de leader mondial des boissons à Suntory, après son acquisition géante d'Orangina Schweppes? Coca-Cola a donc besoin d'un coup de peps (et non de Pepsi), sinon, à l'instar d'un Orangina, il risque de faire retomber la pulpe en bas...Nul doute que Warren Buffett, son premier actionnaire, y veille.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi

