Qu'on en finisse avec l'hypocrisie du taux de pauvreté !
Bien sûr qu'il y a des pauvres en France. Bien sûr qu'il y a notamment de plus en plus d'enfants pauvres qui ne mangent pas tous les jours à leur faim. Bien sûr qu'aucun gouvernement n'est parvenu à résoudre ce problème majeur qui détruit la cohésion sociale d'un pays. Bien sûr que tout cela est honteux, scandaleux et insupportable dans la France de 2018.
Mais ce qui est tout aussi scandaleux, c'est de voir chaque année un institut public, en l'occurrence l'Insee, doté des meilleurs statisticiens et des meilleurs économistes, utiliser chaque année l'indice du taux de pauvreté comme la boussole de ce mal qui ronge le pays. Alors qu'au sein même de l'Insee, certains éminents scientifiques ne cachent pas le peu de signification qu'il faut apporter à cet indice.
Officiellement en 2015, 14,2 % des français vivaient sous le seuil de pauvreté. C'est-à-dire qu'ils vivaient avec un revenu inférieur à 60 % du niveau de vie médian. Selon l'Insee, ce niveau de vie médian de la population s’établit à 1.015 euros mensuels. Ce critère est retenu dans toute l'Union européenne et est utilisé depuis longtemps. Ce qui permet les comparaisons historiques et géographiques.
Mais ce n'est pas parce qu'une erreur est répétée cent fois ou deux cents fois qu'elle devient une vérité. Raisonnons un instant par l'absurde. Et imaginons que la France connaisse un épisode de croissance vertigineux, si bien que le niveau médian des vie des français double et s'établisse à plus de 2.000 euros. Il y aura toujours le même nombre de français qui vivront sous ce seuil. Cela signifie que dans un pays qui se sera considérablement enrichi, le nombre de pauvres sera resté inchangé. Ce qui est naturellement impossible...!
Encore une fois il n'est pas question de nier l'accroissement des inégalités, le climat de paupérisation, notamment en dehors des grandes métropoles et des zones urbaines (un quart des agriculteurs vivent sous ce fameux seuil de pauvreté), et l'insupportable pauvreté infantile, liée notamment à la multiplication des familles mono-parentales. Mais il ne faut pas confondre les messages politiques - façon Piketty - et la science économique. Et il serait temps que l'on en finisse avec ce seuil de pauvreté calculé en fonction du niveau de vie médian qui n'a aucun sens, aucune utilité et aucun sérieux.
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