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Brexit : Theresa May affûte ses armes à trois semaines des élections
Il reste trois petites semaines à la Premier ministre britannique pour convaincre les électeurs de voter pour son parti, lors des élections anticipées du 8 juin. Elections initialement prévues en juin 2019 et dont l'annonce au lendemain de Pâques avait surpris l'ensemble des analystes politiques. Une stratégie utilisée par Theresa May pour renforcer sa majorité au sein de Westminster et l'aider à faire avancer les négociations sur le Brexit au cours des deux prochaines années. La Premier ministre ne dispose effectivement actuellement que d'une courte majorité au Parlement, de 17 sièges et espère bien gonfler les rangs Tories au lendemain du 8 juin. Si les sondages placent les conservateurs toujours en tête, avec 44% des intentions de vote, selon un sondage YouGov réalisé pour The Times hier, les travaillistes sont en train de gagner des voix : le 18 avril, ils étaient crédités de 23% seulement d'intentions de vote, contre désormais 32%. L'écart se ressert donc, même si Theresa May dispose encore de 13 points d'avance.
La publication hier du manifeste du parti conservateur a donc été l'occasion pour la Premier ministre d'affûter ses armes et notamment de rassurer les partisans du Brexit sur ses intentions. Theresa May a ainsi déclaré que la sortie de l'UE signifierait bien une sortie du marché commun et de l'union douanière, mais qu'elle s'efforcerait d'obtenir une relation "spéciale et profonde" avec l'Europe, comprenant un accord commercial complet et une entente tarifaire.
La Premier ministre a par ailleurs affirmé qu'elle pourrait maintenir certains programmes européens spécifiques dans lesquels le pays est engagé et qui soutiennent l'économie britannique. L'ensemble du droit européen devra par ailleurs être traduit dans le droit anglais et le Parlement aura la possibilité par la suite d'amender ces textes. Les MPs devront également valider l'accord final au terme des deux ans de négociations, a affirmé Theresa May, qui semble avoir retenu la leçon de la Cour suprême en janvier dernier, sur la nécessité de consulter Westminster au cours du processus.
La Premier ministre s'est montrée particulièrement virulente sur le sujet de l'immigration : elle a ainsi affirmé qu'une fois sorti, son pays réduirait l'immigration nette à moins de 300 000 personnes par an, soit près de trois fois moins que les flux migratoires actuels. Selon les analystes politiques, cette position très dure sur le sujet traduit la volonté des conservateurs de récupérer une partie de l'électorat du parti anti-européen Ukip, qui s'est effondré dans les sondages. David Cameron avait déjà promis de réduire d'autant le nombre de migrants lors de son précédent mandat, sans jamais y parvenir. Theresa May entend cette fois-ci tout mettre en oeuvre pour atteindre ce quota, le contrôle de l'immigration ayant été l'un des principaux facteurs de victoire du Brexit il y a un an.
En attendant le résultat des élections le 8 juin, les travaux sur les préparatifs des négociations sur le Brexit sont au point mort, côté britannique. Interrogé par WanSquare, le secrétariat d'Etat chargé de plancher sur le sujet (Department of Brexit) a fait savoir que l'annonce des élections anticipées avait perturbé la préparation des négociations, et que les conservateurs avaient désormais pris le relais sur le sujet, d'ici aux élections. L'agenda s'annonce donc très serré pour le ministère du Brexit, qui ne disposera que de deux semaines après les élections pour boucler sa feuille de route avant le grand sommet européen des 22 et 23 juin, censé ouvrir officiellement la période de négociations.
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