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Macron soutient les start-up en plein scandale américain

Le ministre de l'Economie est arrivé à la French Touch conference à New York pour soutenir les entrepreneurs de la tech et les start-up françaises mais a été interpellé sur le scandale des écoutes de la NSA.
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

Mauvais timing pour Emmanuel Macron, qui a fait le déplacement aux Etats-Unis pour la French Touch conference moins de 24 heures après les révélations de Wikileaks et Médiapart sur les écoutes des trois derniers présidents français et des hautes personnalités politiques. Le ministre n'a pu échapper aux questions des journalistes sur le scandale et a assuré qu'il ne "s'agissait pas ici de rompre les relations diplomatiques ou de conduire à une décision définitive de la sorte. Il faut une réaction exigeante et proportionnée".

Arrivé en fin de journée, il a également prononcé au consulat de France à New York, un discours volontaire pour encourager les entrepreneurs et start-up présents aux Etats-Unis, leur indiquer qu'à Paris, "ça bouge", les énergies commencent à se libérer dans l'entrepreneuriat et des successs stories sont en train de construire des leaderships mondiaux. Un travail de longue haleine, dans la mesure où jusqu'à présent, la France pâtissait "d'un paradoxe: échouer était une maladie grave et réussir était un défaut dont on avait du mal à s'accomoder". Et d'ajouter: "Ca rend la vie plus compliquée. Réussir doit être un exemple".

Pourtant, les success stories tardent à se renouveler en France. "Quand on regarde nos forces en France, on a le CAC40 sans aucun doute. Mais 90% des sociétés de l'indice sont les mêmes que dans les années 80", a-t-il relevé, contrairement au Nasdaq qui a pulvérisé son record historique de 2000 il y a peu, dans un indice totalement recomposé. "Mon rôle est d'aider ceux qui feront partie du CAC dans vingt ans. Il faut accélérer et lever les barrières, dans le transport, l'open data, mais aussi et surtout le financement". Et d'annoncer l'organisation à l'automne de rencontres entre start-up françaises et investiseurs US. Car comme il l'a rappelé, 70% du venture mondial est basé aux US, il est donc impossible de l'ignorer.

Or, si les pouvoirs publics ont pris un certain nombre de décisions pour inciter à la création de start-up, le ministre a estimé que la France avait besoin de davantage de fonds de venture, d'un écosystème local profond et diversifié comme il existe aux Etats-Unis. Egalement davantage de coopération entre jeunes pousses et grands groupes français, à travers des contrats, partenariats, mais aussi des fusions-acquisitions, car "il y a encore trop peu de deals entre start-up et grands industriels en France".

Un exemple vécu par Sigfox, la start-up spécialisée dans les objets connectés fondée par Ludovic Le Moan et dont Anne Lauvergeon est présidente du conseil d'administration. La société avait bouclé la levée la plus importante de l'histoire à 100 millions d'euros, en début d'année, notamment auprès de groupes étrangers comme Telefonica ou le sud coréen SK Telecom. Pourtant, les opérateurs telecoms français, qui se positionnent à toute allure sur le segment très prometteur des objets connectés, ont fait le choix de collaborer avec des groupes étrangers, à l'instar de Bouygues Telecom qui a annoncé le lancement d'un acteur concurrent en mars dernier.

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