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Pourquoi l'emploi américain s'est mieux remis de la crise qu'en Europe

Alors que le taux de chômage de la zone euro a atteint 12,1% en juin en zone euro, il est ressorti à 7,6% aux USA pour en juillet. En 2010, il était pourtant de 10% sur les deux continents. Explications.
Les derniers indicateurs économiques européens sont plutôt encourageants, que ce soit du côté de la production industrielle, des indices PMI ou des chiffres pour le PIB du deuxième trimestre des Etats périphériques. Un nuage cependant continue d'assombrir le ciel de la zone euro: celui du marché de l'emploi. Le taux de chômage en juin est resté le même que pour mai, à 12,1% de la population active et atteint toujours des sommets en Espagne et en Italie, à 26,3% et 12,1%. La situation ne devrait pas se retourner dans l'immédiat : selon les analystes, l'activité en zone euro est encore bien trop faible pour empêcher la hausse du chômage. Pendant ce temps, le marché du travail aux Etats-Unis poursuit sa lente reprise, avec un taux de chômage en baisse de 0,2 point en juillet, à 7,4%. Soit un seuil que la zone euro est encore très loin d'avoir atteint. En 2010 pourtant, le taux de chômage avait atteint 10% sur les deux continents, conséquence directe de la crise Lehman ; comment les Etats-Unis ont-ils réussi à inverser la tendance à partir de cette date, quand la zone euro a vu son marché du travail continuer de se détériorer ? Entre 2008 et 2010, le marché du travail américain s'est détérioré très rapidement avec un taux de chômage qui est passé de 4,8% à 10%, soit une aggravation bien plus rapide que dans la zone euro, qui est passée de 8% à 10% en deux ans. La bonne résistance initiale du marché européen résulte de pratiques de mises au chômage partielles ou de réduction des heures travaillées, expliquent les économistes de la BCE dans leur bulletin mensuel de juillet. A partir de 2010 en revanche, la tendance s'est totalement inversée : les créations d'emplois ont dépassé les destructions de postes aux Etats-Unis entraînant une baisse du taux de chômage, alors que le contraire a été observé en Europe. Durant la première phase de la crise, la relation statistique entre la croissance économique du pays et le marché de l'emploi européen a significativement dévié de sa tendance de long terme, en raison de la bonne résistance de certains Etats de la zone euro. Le marché de l'emploi est devenu plus sensible à la conjoncture une fois cet effet passé, explique encore la BCE. La faiblesse de l'activité a donc commencé à se faire ressentir dans les chiffres de l'emploi européen plus tard qu'aux Etats-Unis. Dans le détail, le chômage structurel a également plus augmenté en Europe qu'aux Etats-Unis ; il est passé de 7,4% en 2007 à 10,1% en 2012 en Europe et de 5% à 6,1% en Amérique. Ce qui, selon les économistes de la zone euro, montre que "la hausse du chômage en zone euro est structurelle (pour les deux tiers) alors qu'elle en grande partie cyclique et liée à des facteurs conjoncturels aux Etats-Unis". La divergence du marché du travail entre les deux continents s'explique également par une forte hausse du taux de la population active (taux de participation) en zone euro, au moment où ce taux baissait de l'autre côté de l'Atlantique entre 2007 et 2012. Autre facteur explicatif : le coût du travail, qui est passé de 100 à 115 en zone euro en quatre ans, contre 100 à 105 aux Etats-Unis. Car la productivité du travail horaire est plus faible en zone euro qu'aux Etats-Unis, souligne la BCE. Alors que l'évolution des salaires aux Etats-Unis s'est adaptée à la conjoncture et à la productivité du travail, la croissance des salaires européens a été décolérée de la croissance entre 2010 et 2013. En somme, la plus grande flexibilité du marché de l'emploi américain, de même qu'un coût du travail plus modéré, lui a permis de mieux s'adapter au choc économique de l'après-crise. Cela a facilité l'ajustement économique et a moins pesé sur les entreprises, ce qui explique en partie la reprise américaine depuis 2010. La zone euro doit encore faire de nombreux efforts structurels pour améliorer sa compétitivité et sa productivité, et relancer le marché du travail.
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