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Sur les marchés
IPO : le marché européen déjà rassasié avant l’été?
Alors que le marché parisien avait déjà connu deux séances de baisse, la publication de la hausse du chômage hier soir ne devrait pas arranger les choses. Certains candidats à la Bourse ont été les premiers à pâtir de cette frilosité et du regain de volatilité : Worldline, la filiale de services de paiement d’Atos, a fixé hier soir son prix d’introduction à 16,40 euros, soit au bas de la fourchette d’estimation. La maison-mère a vendu pour 320 millions d’euros d’actions et Worldline a levé 255 millions d’euros de capitaux frais, pour une capitalisation boursière de 2,14 milliards d’euros. Le groupe voulait accéder à des multiples de valorisation plus proches de ceux pratiqués chez des acteurs des services de paiement, plutôt que ceux appliqués aux SSII. Worldline n’a pas réussi à obtenir les mêmes multiples qu’Ingenico,, mais a probablement fait l’objet d’une décote de nouvel entrant, et doit maintenant délivrer des résultats dans un marché européen très atomisé. Le titre recule ce matin de 1,2% pour ses premiers pas en Bourse.
Les investisseurs ont en revanche été nettement plus réceptifs à l’entrée en Bourse de la Coface. L’assureur-crédit filiale de Natixis a fixé ses actions au prix de 10,40 euros, soit au milieu de la fourchette initiale comprise entre 9,6 et 11,2 euros. La banque a vendu 51% du capital pour 832 millions d’euros, et pourrait céder jusqu’à 59% avec l’option de surallocation. Coface affichait ainsi une capitalisation boursière de 1,63 milliard d’euros pour son entrée sur les marchés, et progresse déjà de plus de 5% ce matin, à 10,90 euros.
Du côté des nouveaux venus, l’ambiance n’est pas non plus à la fête. Euronext a fait l’objet de débuts poussifs sur sa propre place de cotation : après avoir été mis à prix à 20 euros, l’action a reculé depuis une semaine, à 18,60 euros. La constitution d’un pool d’actionnaires de référence n’a semble-t-il pas suffi à rassurer le marché, qui anticipe des coûts importants de réorganisation pour s’émanciper d’ICE. A 1,3 milliard d’euros, la capitalisation boursière de la place de Paris fait pâle figure comparée à celle du LSE (5,4 milliards de livres) ou de Deutsche Börse (10,2 milliards d’euros).
En Allemagne pourtant, le syndrôme de satiété des marchés a lui aussi fait des dégâts. A commencer par Braas Monier, le premiers cas de restructuration de LBO européen qui s’est soldé par un debt-for-equity swap. Pour rappel, PAI Partners avait racheté ce spécialiste allemand des revêtures de toiture en 2007 à Lafarge, mais avait ensuite affronté l’effondrement de la construction pendant la crise. Les créanciers bancaires et fonds avaient alors converti la dette de 1,8 milliard d’euros en fonds propres, soit une perte sèche de 250 millions d’euros pour PAI. Cinq ans plus tard, il a réalisé la plus importante introduction de l’année à Francfort, mais avec beaucoup de peine : introduite dans le bas de la fourchette, l’action a ensuite chuté de 7% le premier jour de cotation !
Ces observations contrastent avec le marché américain, toujours aussi bullish. Le fabricant de mini-caméras GoPro en a largement profité lors de son IPO, qui était pourtant une des 20 programmés cette semaine à la Bourse de New York. Le titre a été mis à prix en haut de la fourchette, avec un taux de sursouscription de 18 fois, et a bondi de 30% pour sa première journée hier ! L’exemple de GoPro est certes à part, et la plupart des candidats à la Bourse se mettent désormais à prix sur des niveaux plus raisonnables. C’est probablement cette discipline qu’approuve aujourd’hui les marchés, et le signe que les excès des valeurs technos, qui ont entraîné une correction au printemps, sont désormais dépassés.
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