Pour la presse allemande, Angela Merkel s'est imposée
Les médias d'outre-Rhin estiment néanmoins que tout n'a pas été clarifié lors de la rencontre avec Nicolas Sarkozy hier. Et ils sont scandalisés par la menace de S&P.
"Merkel établit la feuille de route" pour la Zeit, "Madame donne le ton" pour le Spiegel, "Angela Merkel s'est une fois de plus imposée", poursuit la Zeit : dans la presse allemande ce mardi matin, le bilan de la rencontre entre la chancelière et Nicolas Sarkozy, la veille à Paris, est clair et net.
Et l'unité était là. "Même d'un point de vue purement protocolaire, tout s'est déroulé parfaitement. Le ciel rayonnait au-dessus de Paris d'un bleu profond quand la sombre limousine de la chancelière est arrivée, ponctuelle, pour le repas de midi à l'Elysée", relate la Sueddeutsche Zeitung. "Bises sur la joue, mains serrées, sourires, puis on a monté les escaliers ensemble, le couple est resté en haut un petit peu, s'est serré de nouveau la main, a souri - et a disparu derrière la porte vitrée".
A l'intérieur, "Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont mis d'accord sur un plan de sauvetage de l'euro et l'ont vendu comme un compromis" explique le Spiegel, qui poursuit : "la rencontre met au clair les relations de pouvoir avant le sommet de l'Union européenne - le président français doit une fois de plus se plier aux plans de la chancelière".
"Vous ne voulez pas nous suivre ? Cela nous est égal. La chancelière Merkel et le chef de l'Etat français Sarkozy ont prescrit à l'Europe une thérapie avec une discipline très stricte et des amendes dures, estime de son côté la Sueddeutsche Zeitung. Qu'ils se contredisent par rapport à leurs objectifs précédents - cadeau. Mais malheureusement, le duo n'a absolument pas résolu tous les problèmes dans son discours préalable au sommet de l'Union européenne", tranche le site du quotidien.
"Le compromis négocié à Paris est un pas en avant, estime pour sa part le Spiegel, même si beaucoup de détails, comme la mise en place concrète des sanctions, vont seulement être expliqués dans une lettre au président du conseil européen Herman van Rompuy. Par ailleurs, derrière les plans franco-allemands se cachent, comme avant, deux visions différentes de l'avenir de l'Europe : la chancelière se dirige vers un modèle fédéral, Sarkozy a insisté sur une intégration qui passerait par le pilotage d'un chef de gouvernement".
Parallèlement au sommet, les médias allemands évoquent évidemment Standard and Poor's qui "recommence", pour le Financial Times Deutschland. "Pour la deuxième fois en quelques mois, Standard & Poor's se fait remarquer. L'agence de notation menace maintenant, après le déclassement des Etats-Unis, de faire perdre le triple A à cinq Etats européens. Et pour la deuxième fois, des informations fuitent à l'avance - un scandale".
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17/09/2021 - 10:31

