Lagardère mi-figue mi-raisin
Le groupe de médias subit les pertes de sa filiale presse, tandis que l'édition résiste bien. Sur fond de spéculations sur sa participation dans EADS.
Lagardère est un touche-à-tout des médias, et c'est ce qui fait aujourd'hui sa force. A l'inverse de ses confrères, le pôle édition (Lagardère Publishing) s'en sort bien, (+8,8 %) boosté par les ventes des best-sellers de la rentrée, en France et aux Etats-Unis. Il faut dire que la notoriété des maisons du groupe - Hachette, Fayard ou encore Grasset - et leurs signatures leur permet de passer plus facilement que d'autres les moments difficiles.
Dans un contexte dégradé, le pôle presse, radio et TV (Lagardère Active) est lui beaucoup plus à la peine, et chute de 18 % au troisième trimestre 2009. Les magazines français (Elle, Paris Match, Public) ont subi de plein fouet le coup d'arrêt des investissements publicitaires, leurs revenus étant en repli en moyenne de 20 %. La télévision et la radio s'en sortent mieux grâce aux bonnes performances d'Europe 1. Dans le sport, Lagardère pâtit de la concurrence sur les droits médias des évènements, mais ses comptes sont tirés par l'intégration de WSJ, un acteur asiatique acquis l'an passé.
Les acquisitions justement sont-elles à l'ordre du jour? Le groupe a indiqué s'intéresser en priorité à des cibles dans les pays émergents, mais le discours d'Arnaud Lagardère ne semble rien indiquer à court terme. Son endettement, d'à peine 58 % des fonds propres, est pourtant très raisonnable et les bonnes affaires sont en ce moment légion. Mais la priorité est donnée aux filiales, qui devraient reprendre des couleurs d'ici la fin d'année: l'évolution du résultat opérationnel, prévue entre 0 et -10 % en 2009, devrait s'établir dans le haut de la fourchette.
Le véritable enjeu viendrait plutôt d'une cession de la participation résiduelle de 7,5 % que le groupe détient dans EADS. La vente de 2,5 % au mois de mars dernier lui a déjà rapporté 660 millions d'euros. Mais, étant donné la sensibilité du dossier, il ne pourra pas en sortir à n'importe quelle occasion. L'affaire du délit d'initiés résonne en effet dans toutes les oreilles, et le cours de Bourse du franco-allemand fait encore grise mine.
Dassault, candidat naturel puisque EADS détient 46 % dans Dassault Aviation, a plusieurs fois nié être intéressé. Quoi qu'il en soit, nul doute que l'Etat, co-actionnaire de cette participation via une holding, aura son mot à dire sur le nom du repreneur le jour venu.
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