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Indicateurs macros / Macro-économie

Les chefs d'entreprise allemands et français un peu moins optimistes

Le principal indice de confiance des entreprises allemand, Ifo, a encore chuté au mois de mars, pour le quatrième mois consécutif, de même que l'indice du climat des affaires de l'INSEE. Des données qui contrastent avec l'optimisme du fonds monétaire international, qui a relevé ses prévisions de croissance pour 2018 il y a une semaine.
Entreprise allemande
Entreprise allemande

Les entreprises françaises et allemandes, plus pessimistes que le FMI sur la conjoncture économique de leur pays ? C'est en tout cas ce qui ressort des enquêtes de confiance publiées ce matin par les deux principales économies de la zone euro. L'INSEE a ainsi dévoilé un indice du climat des affaires dans l'industrie manufacturière en baisse d'un point pour le mois d'avril, après avoir déjà reculé en février et mars. A 109, il reste certes, bien supérieur à sa moyenne de long terme, mais on est désormais loin du record du mois de janvier, où il avait atteint 114, soit un plus haut de 17 ans. De même l'enquête trimestrielle publiée ce matin par l'institut de la statistique français révèle que les industriels français sont moins optimistes qu'en début d'année sur leurs perspectives de demande et d'exportations. 

L'optimisme des entreprises françaises semble donc s'essouffler, malgré le fait que le fonds monétaire international ait réaffirmé sa confiance dans le dynamisme économique de la zone euro la semaine dernière, relevant ses prévisions de croissance de 0,2 point pour l'Hexagone, de 1,9% à 2,1% pour cette année. Les mouvements de grève dans les transports français, qui pénalisent le pays depuis plusieurs semaines, pourraient avoir contribué à peser sur le moral des entreprises françaises, de même que les tensions commerciales entre les Etats-Unis et l'Europe puis l'Etats-Unis et la Chine. Même si, selon Julien Manceaux, analyste chez ING, c'est surtout la force de l'euro qui commence à peser sur les commandes à l'exportations des entreprises de l'Hexagone. "Ce sont principalement des raisons extérieures qui permettent d'expliquer le recul de l'indice de l'INSEE. L'enquête montre qu'il y a un peu moins de commandes qui rentrent", explique l'analyste. Pour lui les grèves concernent principalement le secteur public et n'ont donc pour l'instant pas entraîné de grosse paralysie du pays. "Même si elles contribuent à altérer la confiance des entreprises", poursuit-il. Le moindre degré de confiance des sociétés allemandes, davantage pénalisées par les tensions commerciales que dans l'Hexagone, pèse aussi sur l'optimisme des entreprises françaises.

L'Allemagne a en effet dévoilé ce matin un indice Ifo en baisse, passant de 103,3 à 102,1, alors que le consensus tablait sur 102,7. Certes, l'organisme chargé de la publication de cet indice en a légèrement modifié le mode de calcul, en incluant les services et en changeant l'année de référence, ce qui rend la comparaison avec le mois précédent un peu plus difficile. Mais les analystes estiment tout de même que le recul du principal indice de confiance allemand incite à la prudence. "Les résultats de cette enquête suggèrent que les risques concernant notre prévision de croissance de 2,5% pour cette année sont orientés à la hausse", explique ainsi Jennifer McKeown de Capital Economics. "Parler de ralentissement économique est encore prématuré", tempère cependant Carsten Brzeski, économiste chez ING, qui souligne par ailleurs que les tensions commerciales ont surtout été des menaces verbales, mais ne se sont pas encore concrétisées. Selon lui, le tassement des indices de confiance allemand relève plutôt d'un phénomène de normalisation, après l'euphorie du début d'année. Il reste que la BCE devrait se montrer prudente lors de la réunion de jeudi, vu le ralentissement des enquêtes de confiance des deux moteurs de la zone euro. "Il est peu probable que Mario Draghi modifie son forward guidance", conclut ainsi Jennifer McKeown. 

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