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Sur les marchés

Cartographie des risques mondiaux vue par l'AMF

L’AMF a publié son rapport 2017 sur la cartographie des principaux risques macroéconomiques mondiaux. Dix ans après la crise des subprimes, les marchés financiers retrouvent un environnement exceptionnel. Les risques ont toutefois évolué et les questions d’ordre géopolitique semblent largement dominer le paysage.
Gérard Rameix devant l'AMF
Gérard Rameix devant l'AMF

A la même période l’an dernier, l’AMF s’inquiétait déjà de l’impact du Brexit mais aussi de la remise en cause du projet de l’union par d’autre pays européens. Si cette dernière hypothèse est désormais écartée, l’aléa géopolitique redouté s’est réalisé. Le rapport est d’ailleurs clair : «De nouvelles surprises électorales sont survenues comme l’élection de Donald Trump, et le résultat de plusieurs scrutins inaugure des périodes sans précèdent historique, à l’image des négociations de sortie du Royaume-Uni avec l’Union Européenne». Pourtant, au regard de l’évolution des principaux agrégats macroéconomiques et financiers, l’effet de ces éléments perturbateurs sur les marchés financiers est encore très limité, au risque d’une correction brutale à venir. D’autre part, après un environnement de taux très bas en zone euro et outre atlantique, le risque d’une hausse trop forte et rapide des taux d’intérêt a augmenté. Pour toutes ces raisons, le risque de re-tarification de l’économie demeure donc important.

Un tout nouvel échiquier politique s’est récemment mis en place et l’incertitude ambiante risque d’entrainer une concurrence réglementaire accrue. Donald Trump a fait le choix de la dérèglementation financière en affaiblissant les tenants de la loi Dodd-Frank et en réduisant les obligations légales des banques à l’égard de leurs clients. Il se pourrait tout à fait que le Royaume-Uni choisisse le même chemin pour conserver ses activités financières et minimiser ses pertes lors sa sortie de l’UE. C’est à cet égard que l’AMF met en garde sur la nécessité absolue de conserver des organes de supervision internationaux et sur l’importance des chambres de compensation, le nouveau lieu de concentration des risques. Le manque mondial de coordination des politiques monétaires, budgétaires et réglementaires du secteur financier apparaît aussi comme un risque important par l’AMF.

D’autre part, l’autorité pointe du doigt une dé-corrélation inquiétante entre la valorisation historiquement élevée d’indices boursiers et la croissance économique mais aussi l’inflation mondiale toujours à des niveaux très modestes. Tout se passe comme si les marchés financiers n’intégraient pas le climat géopolitique tendu actuel. A titre d’exemple, le mois dernier le NASDAQ et le S&P 500 ont atteint des sommets historiques. Ces valorisations élevées, couplées à une volatilité globale très faible -mis à part quelques pics anecdotiques-, contribuent à faire peser sur la finance mondiale un risque de correction brutale des valeurs réelles, aux conséquences d’autant plus lourdes sans supervision solide et harmonisée.

Concernant les politiques monétaires, le scénario idéal de remontée des taux semble se réaliser : la normalisation aux Etats-Unis est bien engagée et elle s’est répercutée au niveau mondial. Le risque d’une hausse trop forte des taux, en particulier longs, qui existe toutefois, pourrait rendre insoutenable le coût de la dette des pays émergents. L’AMF souligne que, « Dans cet environnement, la politique de la Banque centrale européenne aura un impact déterminant pour la zone euro ».

Enfin, un autre risque jugé élevé et croissant est celui des cyber-attaques à visées criminelles ou idéologiques dont la probabilité d’occurrence grandit avec l’instabilité géopolitique évoquée plus haut. A titre d’exemples, l’AMF cite le piratage de courriels électroniques du parti démocrate lors des élections présidentielles américaines, la coupure d’internet au Liberia pendant une semaine ou encore l’attaque des serveurs de Dyn qui a altéré les services de Twitter et Netflix. D’après l’antivirus mondial McAfee, les cyber-attaques ont coûté 400 milliards de dollars à l’économie mondiale en 2014 et leur nombre croit de 40% par an en moyenne depuis qu’elles existent.

Gérard Rameix, président de l’Autorité des marchés financiers jusqu’au mois d’août prochain, se veut pourtant rassurant quand il indique que « la longueur de cette période atypique ne signifie pas qu’elle ne puisse pas déboucher sur de réelles améliorations ». Récemment, le sauvetage de l’espagnole Banco Popular a montré la capacité du mécanisme de résolution unique (MRU) à sauver les épargnants et à éviter que les contribuables ne soient mis à contribution.

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