Revue de presse allemande : "Macron réclame 50 milliards d'euros d'investissements à l'Allemagne"
« Plan d’investissements de 50 milliards d’euros : la France accepte d'épargner si l’Allemagne investit », titre aujourd’hui le Spiegel. Deux ministres français se mêlent maintenant de la politique budgétaire allemande, ironise le quotidien. Dans une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung, Emmanuel Macron aurait en effet accepté de faire des économies de 50 milliards d’euros d’ici à 3 ans, à condition que l’Allemagne investisse pour le même montant dans son économie. "50 milliards d'économies de la zone euro de notre part, et 50 milliards d’euros d'investissements supplémentaires de votre côté vous - ce serait un bon équilibre" a ainsi déclaré Emmanuel Macron au FAZ.
« La demande est trop faible en Europe pour lancer des politiques d’austérité excessive », aurait toutefois ajouté le ministre des finances français cité par le FAZ. Lors de leur visite ce matin à leurs homologues allemands Sigmar Gabriel et Wolfgang Schäuble, les ministres français ont insisté sur l’importance de l’investissement allemand raconte le Spigel: « il est de l’intérêt de toute l’Europe que l’Allemagne investisse » a déclaré Macron. Le gouvernement fédéral allemand a déjà annoncé qu’il mettrait en place un programme d’investissement dans les infrastructures de 5 milliards d’euros d’ici à la fin du mandat de la chancelière, souligne le journal. Sigmar Gabriel a également déclaré que son pays n’était pas en récession, malgré les mauvais chiffres publiés cette dernière semaine. « La croissance sera de 1,2% cette année et 1,3 l’an prochain » a affirmé le ministre.
« La France met l’euro en danger » titre de son côté le Rheinische Post ce matin. "Les ministres de l’économie allemand et français se réunissent aujourd’hui et doivent officiellement parler de la situation économique de la zone euro et du plan d’investissement de 300 milliards", explique le quotidien. Mais officieusement Sigmar Gabriel, Emmanuel Macron, Schäuble et Sapin vont discuter d’un problème beaucoup plus urgent, la situation budgétaire de la France, alors que celle-ci a envoyé son programme pour 2015 la semaine dernière à la Commission. Car la France y a dévoilé que son déficit atteindrait 4,3% du PIB l’an prochain, alors que cela fait depuis 2009 qu’elle a promis qu’elle rentrerait dans les clous, souligne le quotidien. Certes la situation date de Chirac qui, à l’époque avait négocié pour un assouplissement des règles du pacte de stabilité. Et Schröder avait également dévié des règles européennes, avoue le quotidien. « Mais alors que l’Allemagne est depuis repassée sous la barre des 3% de déficit, la France continue de s’appuyer sur les exceptions prévues par le pacte pour ne pas respecter son engagement ». La Commission aurait d’ailleurs demandé à la France de revoir sa copie, selon une information du Spiegle, cité par le RPost. Le président du parti populaire européen aurait fait la même requête et demandé à la France de faire des modifications dans son projet de finances pour l’an prochain selon le magazine.
« Mais la France est encore très loin du compte et n’a pas mis en place des mesures d’austérité aussi importantes que dans d’autres pays comme le Portugal ou l’Espagne », déplore le journal. « Ainsi, seulement 1200 postes de fonctionnaires devraient disparaître l’an prochain. Et les propositions de réforme de l’allocation chômage proposées par Macron ont immédiatement été remises en cause par l’aile gauche du PS », regrette le quotidien." Valls a donc du mal à réformer autant qu’il le voudrait", explique encore le journal. Pour aider la France à mettre en place un véritable programme de réformes, le ministre de l’économie allemand Sigmar Gabriel a constitué une équipe franco allemande de chercheurs, dirigée par le chef de l’institut Jacques Delors à Berlin, Henrik Enderlein, et de Jean-Pisani Ferry pour préparer un "New Deal" pour l'Europe ", basé sur un programme de réforme ambitieux pour mettre fin aux blocages, et de renforcer la compétitivité". Le rapport devrait être présenté mi-novembre .
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