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Le secteur bancaire européen reste sous valorisé
Depuis la crise de 2008, les banques sont scrutées de près comme de loin comme un indicateur de l’économie d’un pays. Très réactives au moindre choc, violent ou pas, elles restent en quelque sorte le poumon des marchés financiers. Preuve en est la bonne résistance des banques après le choc du Brexit. « Elles ont perdu 40% de leur valeur dans les jours qui ont suivi le vote en lui-même mais avaient repris 50% fin 2016, ce qui les a amenées à peu près au même niveau de valorisation qu’au début de l’année 2016 », explique Scander Bentchikou, analyse-gérant actions large cap chez Lazard Frères Gestion. Un niveau qui reste largement sous performant par rapport à l’Eurostoxx. Pour preuve, l’Eurosotoxx a baissé de 15,58% depuis 2007 alors que l’indice bancaire Eurostoxx-Banques a sous-performé de -71,11% sur la même période. « Les multiples de fonds propres qui se pratiquent aux Etats-Unis sont largement supérieurs à ce que l’on trouve en Europe. Il y a donc un véritable levier pour que le secteur rebondisse », estime ainsi Scander Bentchikou. Car aujourd’hui, la rentabilité du secteur a été divisée par deux depuis 2008 et sa capitalisation boursière par quatre.
Et selon le gérant de Lazard, il y a quatre phénomènes qui viennent se cumuler et qui empêchent les banques de délivrer leur véritable performance. D’une part, le niveau des taux d’intérêt. Trop bas pour générer des marges confortables, la remontée des taux devrait ainsi permettre de se rattraper dans les prochains mois. Ainsi, « nous pensons que d'ici l'an prochain, les banques pourraient doubler, voire tripler le niveau de leurs marges », explique Lazard Frères Gestion. Autre facteur qui entrave le développement des banques et leurs performances sur le marché, le poids de la réglementation. Depuis 2008, il y a un « déluge réglementaire hystérique » selon Scander Bentchikou. Mais là encore, l’année 2017 devrait signer la fin de cette période de restructuration, nécessaire ou non des banques. « Bâle IV devrait atterrir cette année, ce qui mettrait un point final à cette période de réglementation à tout va », estime ainsi Scander Bentchikou. Enfin, les augmentations constantes des taxes sur le secteur bancaire et l’accumulation des crises (grecques, de l’euro, du dollar) entraînant une fragmentation de la zone euro, n'ont pas non plus joué en la faveur du secteur bancaire.
Tous ces facteurs, exception faite des taxes qui ne devraient pas bouger ni diminuer dans les prochaines années, pourraient être enfin arrivés à leur terme. Désormais, les banques seraient prêtes à de nouveau se développer et rattraper leur retard en Bourse. Ainsi, Scander Bentchikou prévoit que l’année 2018 sera véritablement celle de la reprise pour les banques notamment. Le gérant estime ainsi que le ROTE (return on tangible equity qui prend en compte les fonds propres retraités des survaleurs) devrait atteindre 8,7% en 2018 et le P/E s’établir à 10,8X d’ici un an. Les rendements devraient être élevés, la société de gestion prévoyant des niveaux proches de 5,31% et des bilans toujours plus solides, avec un Tier 1 de 14,1% en 2018. Des estimations qui laissent de la marge de progression pour un secteur sous valorisé et mal aimé des investisseurs.
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