Retour de bâton
Le Conseil d'Etat reprend à Accor l'essentiel des précomptes que l'Etat lui avait remboursés il y a cinq ans. Mais entre-temps, la situation financière du groupe s'est beaucoup améliorée.
Il y a des cadeaux empoisonnés. Sur les 192,4 millions d'euros de précomptes et intérêts minoritaires que l'Etat avait remboursés à Accor, en mai 2007, le Conseil d'Etat vient d'en annuler 149,7 millions. Avec les intérêts, le groupe hôtelier va devoir rendre 185 millions d'euros, soit la quasi totalité de ce qu'il avait perçu.
Les optimistes noteront cependant que depuis cinq ans, la situation du groupe a changé. Entre le recentrage sur le coeur de métier avec la cession d'actifs périphériques et la stratégie "asset light" qui implique la vente de murs d'hôtels, Accor est passé d'un endettement conséquent à une dette nette très modeste (804 millions d'euros au 30 juin 2012).
Les fonds versés autrefois par l'Etat peuvent donc être considérés comme ayant permis de traverser dans de meilleures conditions une période tendue. Il n'en demeure pas moins que, malgré l'appui du Tribunal et de la Cour d'appel administratifs de Versailles, la nouvelle n'est pas excellente pour les actionnaires d'Accor, au premier rang desquels Colony Capital et Eurazeo.
Si l'augmentation de 185 millions d'euros de la dette à fin 2012 est parfaitement gérable et n'altère pas substantiellement le profil du groupe dirigé par Denis Hennequin, elle met une pierre dans le jardin de certains investisseurs, qui avaient tendance à prendre leurs désirs pour des réalités.
Alors que beaucoup espéraient le versement d'un nouveau dividende exceptionnel au titre de 2012, après les 0,5 euro versés au titre de 2011, la ponction décidée par le Conseil d'Etat représente 0,80 euro par titre et laisse à penser que cette perspective tombe à l'eau.
Il n'est pas sûr, cependant, que les dirigeants d'Accor en soient très marris. La vente de Motel 6 comme les fonds dégagés précédemment en raison du recentrage sont davantage utiles dans leur esprit pour accompagner le développement du groupe, désormais désendetté. Les dividendes exceptionnels, comme leur nom l'indique, doivent donc rester l'exception. Et il ne faudrait pas que les actionnaires s'attendent à ce que l'exceptionnel devienne la règle !
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