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La BCE examine les trading books de la Société Générale et de BNP Paribas
La BCE est en train d'étudier les portefeuilles de négociations de plusieurs grosses banques européennes. Selon une information parue dans le quotidien allemand Sueddeutsche Zeitung et reprise par Bloomberg, le superviseur européen aurait ainsi demandé il y a quelques mois à la Société Générale, BNP Paribas et Deutsche Bank, de lui fournir des informations détaillées sur leur façon de valoriser leurs actifs au sein de leurs trading books (regroupant l'ensemble des titres détenus à des fins de négociation à court terme et gérés activement par la banque). La BCE devrait publier ses conclusions d'ici quelques semaines, toujours selon le média allemand.
"Les banques italiennes ne sont pas les seules à faire l'objet de l'attention du superviseur européen", ironise le Sueddeutsche Zeitung qui rappelle au passage la fragilité du secteur bancaire allemand. Ce n'est pas la première fois que la BCE examine les trading books des grandes banques du Vieux Continent, comme elle avait déjà eu l'occasion de le faire lors de précédents stress tests. Mais il s'était agi à l'époque de vérifier que les banques pourraient résister à un éventuel choc boursier ou économique. Il s'agirait cette fois d'examiner la façon dont les banques évaluent leurs obligations, actions et dérivés au sein de leurs portefeuilles de négociation. Un sujet crucial pour celles-ci puisque le montant de fonds propres exigés dans le cadre des normes prudentielles dépend du degré de risque associé aux actifs détenus en portefeuille.
Selon le quotidien allemand, l'enquête menée par le superviseur européen auprès des trois banques citées lui permettrait également d'affiner les normes prudentielles. Notamment celles relatives aux produits dérivés, les marges entre les différentes banques étant très différentes en fonction des hypothèses de calcul utilisées. Le conseil de surveillance prudentielle de la BCE a d'ailleurs fixé parmi ses priorités pour 2018 de passer en revue les opérations de trading des plus grandes banques du continent et la façon dont elles valorisent leurs actifs les moins liquides.
Certes, les actifs valorisés au niveau 3 (c'est-à-dire les titres peu négociés sur les marchés et dont les prix sont donc plus difficiles à évaluer) ne représentent plus que 132 milliards d'euros (soit 1% de l'ensemble des actifs au bilan des banques de l'UE), contre 188 milliards il y a encore trois ans, selon les données de la BCE. Mais le superviseur continue d'y accorder une attention particulière, en raison des risques qu'ils représentent pour la stabilité financière européenne. Selon le journal, la BCE devrait plus particulièrement examiner le bilan de Deutsche Bank, qui dispose encore d'un portefeuille de produits dérivés important : ses actifs de niveau 3 ont diminué depuis 2008 où ils atteignaient 88 milliards d'euros, mais représentent tout de même encore 22 milliards, rappelle le quotidien.
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