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Lazard veut coacher ses clients face à l’activisme

Lancée en janvier dernier, l’activité de corporate preparedness a vocation à préparer les clients à faire face à l’activisme actionnarial de plus en plus important. La bonne connaissance de l’écosystème des fonds activistes est l’un des points d’entrée afin d’accompagner au mieux les clients face à de potentiels ou réels activistes entrant à leur capital.
Lazard
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Les activistes sont de plus en plus nombreux à intervenir auprès de leurs participations. Tous ne sont pas de méchants vautours, mais tous ont un but : faire que leurs participations se valorisent au mieux. Pour Gilles Mentré, responsable de l’activité « corporate preparedness » chez Lazard en Europe « l’activisme actionnarial est de plus en plus important de la part des gros gestionnaires d’actifs, qui se comportent de plus en plus comme des propriétaires de la société et non plus comme des actionnaires passifs ». Autrement dit, les gérants de fonds sont de plus en plus commandités par leurs investisseurs pour que les sociétés dans lesquelles ils investissent soient rentables, gérées au mieux et avec une stratégie qui tient la route. Et pour ces gérants, c’est aussi un bon moyen de justifier une partie de leurs frais. Et parmi ces actionnaires actifs, certains sont dits activistes. Souvent logés dans des hedges funds qui défendent des stratégies alternatives, ils recherchent des leviers par leurs actions pour assurer une meilleure gestion de leurs participations en travaillant avec le management. Souvent montrés du doigt comme agressifs dans leur façon de faire, les idées sur l’activisme évoluent. « Aujourd’hui, le marché porte sur eux un regard beaucoup plus pragmatique et dépassionné. Les entreprises sont désormais plus ouvertes à accueillir des activistes, voire à travailler avec eux », estime Gilles Mentré. Ces fonds peuvent aussi devenir de bons interlocuteurs pour les entreprises et mettre en ordre de marche des stratégies performantes.

C’est pour faire face à ces nouveaux fauteurs de troubles que la banque Lazard a mis en place une équipe dédiée à l’accompagnement des clients face à l’activisme. « Notre but est de connaitre parfaitement l’écosystème des fonds activistes et des gros gestionnaires d’actifs à travers le monde. Ainsi nous pouvons comprendre les attentes de ces fonds, ce qu’ils regardent et comment ils agissent en tant qu’actionnaires », souligne ainsi Gilles Mentré. Et l’écosystème est finalement assez simple. D’une part les grands noms américains, comme Elliot, Pershing Square, Value Act, Third Point ; de l’autre, les européens, comme TCI, Knight Vinke, ou encore Amber Capital. Enfin, il y a des nouveaux arrivants qui montrent le dynamisme croissant des activistes en Europe avec Prime Stone ou encore Ocean Wood. Sans règles générales quant à leurs investissements, ni en terme de prise de participation (pouvant aller de 1 à plus de 50%), les américains et les britanniques historiques sont plus présents sur les larges cap et les nouveaux entrants sont plutôt positionnés sur des mid cap. Mais il n’y a pas de règle générale.

Toujours est-il qu’une fois ce constat dressé, l’équipe de Gilles Mentré intervient à deux niveaux auprès des clients de la banque. D’une part en amont des attaques activistes, en préparant les entreprises. « Nous travaillons avec les dirigeants, afin de mieux définir leur stratégie, les rapprocher de leurs actionnaires en sachant comment leur parler afin d’éviter d’être pris en défaut si un activiste entre au capital », explique Gilles Mentré. « L’idée est d’identifier les vulnérabilités possibles et les choses à faire évoluer », poursuit-il. Ces opérations dites, sunny day, sont souvent mandatées par des clients historiques de la banque, mais pas uniquement, certains clients entrant chez Lazard par ce biais. Ce type de mandats s'accompagne par un suivi dans le temps.

L’autre pan de la mission de l’équipe de Lazard, appelé « rainy/stormy days », est de savoir faire face et accompagner les entreprises, lorsqu’elles subissent les attaques d’activistes. « Les dirigeants sont souvent pris au dépourvu lorsqu’un activiste entre au capital. Nous jouons alors un rôle d’accompagnateur dans la façon dont les entreprises doivent réagir lorsque l’activiste se manifeste : s’ils doivent envoyer ou non une réponse, comment réagir aux demandes, comment discuter… », explique Gilles Mentré. « C’est à ce moment-là que la connaissance de tout l’écosystème est essentielle », continue-t-il. Les clients peuvent alors faire appel à cette équipe pour gérer la crise, les mandats courant jusqu’à ce qu’il y ait un accord entre les parties, cet accord pouvant aller jusqu’à l’entrée au board du fonds.

Intervenant partout en Europe et épaulée par l’équipe dédiée aux Etats-Unis, l’idée générale n’est donc pas de faire une réponse de défense face aux hostilités, mais plutôt d’éviter que ces hostilités soient lancées et apprendre à les gérer le cas échéant. C’est finalement le prolongement de l’activité de banque d’affaires qui jusqu’ici ne portait que sur la valorisation de l’entreprise cliente. Désormais, tenir compte des actionnaires dans cette valorisation globale est plus que nécessaire.

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