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Comment Renault gère sa performance sociale

Le constructeur automobile a intégré ce processus dans ses codes de gouvernance. Une approche plus humaine dont les résultats sont encore difficiles à appréhender, même si le groupe gagne 40% en Bourse depuis le début de l'année.
Les Assises de la performance sociale viennent de se terminer. Placées sous le thème : Et si la performance sociale insufflait une autre dynamique de croissance, elles ont notamment permis à de grandes entreprises françaises de présenter leur vision sur le sujet. La problématique prend, il est vrai, de l'ampleur en France depuis plusieurs années. "Plus que jamais, il faut prendre en compte les facteurs humains - le développement des compétences, l'employabilité, la reconnaissance, le dialogue social, la santé/sécurité, le bien-être au travail -comme des leviers de compétitivité", assurent les promoteurs de cette nouvelle gouvernance. La mise en oeuvre de la performance sociale achoppe pourtant encore sur plusieurs obstacles : au sein de l'entreprise, l'absence d'une vision partagée de la performance sociale limite souvent la mobilisation des managers et des collaborateurs à la sphère des ressources humaines. Ensuite, le reporting social -tel qu'il est pratiqué aujourd'hui par les entreprises, au travers du bilan social par exemple- doit encore largement évoluer pour permettre l'évaluation de sa contribution à la performance globale de l'entreprise. Chez Renault, par exemple, la question de la performance sociale est au coeur des préoccupations de son directeur des ressources et des compétences, Tristan Lormeau, depuis plusieurs années. Celui-ci travaille, dans ce sens, à la construction d'indicateurs élaborés avec la direction des relations humaines mais aussi le contrôleur financier et ce, afin de partager des analyses communes sur la politique de l'emploi, des rémunérations. L'idée étant d'aborder ces sujets à partir d'un prisme économique, pour les placer ensuite sous des aspects plus sociaux ; de construire des outils perfectionnés de pilotage où le qualitatif l'emporte sur le quantitatif. "Ce que nous voulons, c'est établir un lien, une sorte de pont entre les relations humaines et le contrôle financier, de manière à mieux gérer toutes les problématiques de développement de carrière, gestion de la mobilité, des avancements, du bien-être au travail, des relations sociales", lance Tristan Lormeau. Idem sur le sujet des rémunérations variables pour lequel un groupe de travail a été créé en vue d'établir un indicateur fixant une série de critères. Les prochains challenges de ce responsable ? Accompagner les transformations du périmètre de l'entreprise, de façon à pouvoir avoir une idée claire des ressources humaines de Renault. "Il est indispensable de pouvoir donner du sens aux statistiques. C'est ainsi que l'on peut gérer de façon cohérente l'humain et l'économique. Et ce qui est important, ce n'est pas tant l'exactitude que la pertinence ", ajoute Tristan Lormeau qui se penche également actuellement sur le développement du reporting RSE dans le cadre de Grenelle II. Cette approche de la performance sociale est-elle un réel " booster " pour les entreprises qui jouent le jeu ? En attendant de savoir quelles répercussions exactes peuvent avoir ces préoccupations, Renault était bien orienté en cette fin de semaine à la Bourse de Paris. A l'origine de ce mouvement (qui porte à 40% la hausse du titre depuis le début de l'année), un avis favorable de la banque Citi qui vient d'intégrer le groupe dans sa liste de valeurs européennes préférées. Selon les analystes de la banque, le constructeur automobile devrait profiter de trois atouts à court terme : la faiblesse du yen (vis-à-vis de sa filiale Nissan), la part de plus en plus faible des marchés européens dans ses revenus et des baisses de coûts de production anticipées en France et en Espagne.
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