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La Commission rappelle la France à l'ordre

La France fait partie des pays de l'UE souffrant de "déséquilibres macroéconomiques", selon un rapport de la Commission européenne. Son manque de compétitivité et son endettement public sont une nouvelle fois en cause.
La France va devoir mettre les bouchées doubles si elle ne veut pas être classée parmi les Etats souffrant de " déséquilibres jugés excessifs " par la Commission Européenne. Cette dernière a publié aujourd'hui des rapports approfondis sur les 13 Etats de l'UEM dans le cadre de la nouvelle procédure de surveillance instaurée en décembre 2011 dans le " Six Pack ". Surnommée Macro Economic Imbalance Procedure, celle-ci est destinée à repérer suffisamment tôt les dysfonctionnements d'un Etat afin de lui éviter de subir des sanctions financières, en cas de dérapage trop important. Deux Etats ont été épinglés cet après-midi, l'Espagne et la Slovénie, qui souffrent tous deux de "déséquilibres excessifs". La France de son côté n'est pas encore dans cette situation, mais Bruxelles lui a demandé des efforts supplémentaires pour corriger ses "déséquilibres macroéconomiques". Les recommandations ciblées de la Commission pour y remédier seront publiées le 29 mai prochain. Selon l'instance européenne, la résilience de la France aux chocs extérieurs est de moins en moins forte et ses perspectives de croissance à moyen terme sont "de plus en plus menacées par ses déséquilibres ". Certes, la France a jusqu'ici plutôt mieux résisté que les autres à la crise économique et connu une baisse de son PIB relativement moins importante. Mais sa résilience pourrait ne plus durer. Ainsi, la détérioration continue de sa balance commerciale (-2,7% aujourd'hui) et la hausse de sa facture énergétique ont entraîné une hausse de sa dette extérieure qui atteint désormais de 36% du PIB. La Commission souligne également la baisse de la part de la France à l'export, qui a diminué de 11,2% entre 2006 et 2011 La hausse du coût du travail a fait pression sur la profitabilité des entreprises ; et pour éviter que cette hausse ne se répercute sur les prix à l'export, les sociétés ont réduit leurs marges, en particulier dans le secteur manufacturier. Les entreprises de l'Hexagone sont celles qui ont le niveau de profitabilité le plus bas d'Europe, rappellent les experts. Ce qui a du même coup réduit leurs capacité d'investissement en recherche et développement qui leur aurait permis de regagner en compétitivité. D'autant l'endettement des entreprises du secteur manufacturier va grandissant. Les rigidités sur le marché sur le marché du travail ont un effet néfaste sur l'embauche, le coût du travail et le nombre d'heures travaillées, estime Bruxelles. La Commission s'inquiète aussi de la segmentation du marché du travail. Les experts reconnaissent cependant que l'accord sur l'emploi signé récemment entre les partenaires sociaux est une belle avancée. " Mais des efforts pour véritablement développer le dialogue social seront nécessaires pour réellement affronter les rigidités du marchés ". Enfin Bruxelles ne manque pas de souligner le haut niveau d'endettement public français qui réduit la capacité du gouvernement à faire face à un choc économique éventuel et pourrait avoir un effet de contagion sur l'ensemble des activités du pays. " La hausse de l'endettement français risque ainsi d'impacter négativement le système bancaire du pays et ses coûts de financement ". La Commission livrera ses recommandations dans un peu plus d'un mois, pour aider la France à affronter les nombreux défis listés par les experts européens.
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