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Carmignac : le grand retour des émergents
Le premier trimestre vient à peine de se terminer et déjà les professionnels de la finance se projettent beaucoup plus loin. Chez Carmignac, par exemple, les trois premiers mois de l’année lui ont permis de dégager plusieurs tendances. D’abord, il est clair, au vu des performances de ses différents fonds, que certains thèmes ont été plus profitables que d’autres. Si le produit phare de la société de gestion, Carmignac Patrimoine n’a réalisé qu’un gain de 1,52% sur la période, Carmignac Emergents affiche +10,39% et Carmignac Euro-Entrepreneurs +8,6%. Au total, la célèbre maison enregistre un bon début d’année puisqu’elle a de nouveau collecté 2,8 milliards d’euros sur les trois mois de 2017, portant à 59,6 milliards d’euros les encours globaux qui prennent également en compte la hausse des valorisations des actifs sous gestion.
Si l’on en croit Frédéric Leroux, à la tête des gestions du groupe, le monde est, de toute façon, entré dans une période de « reprise cyclique synchrone ». Grâce essentiellement au léger redressement de la production industrielle et de la croissance du commerce mondial lequel permet au cycle européen de rebondir malgré une consommation en demi-teinte. Dans ce contexte plutôt vertueux, il est une zone qui en profite tout particulièrement, c’est celle des émergents dont l’amélioration conjoncturelle pourra se prolonger en cas de maîtrise de l’inflation. Et de citer deux exemples de belle reprise de production industrielle : ceux du Mexique et de la Hongrie.
En parallèle, Carmignac fait davantage la fine bouche sur les Etats-Unis. « La faiblesse des marges empêche d’anticiper un retournement vigoureux de l’investissement. Le moral des ménages au zénith ne peut à lui seul avoir des effets sensibles sur la consommation », lance ainsi l’expert qui rappelle une récente citation du Secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, estimant que passer une grande réforme fiscale avant le mois d’août semble désormais « un objectif très agressif, voire irréaliste. Il est juste de dire que le délai probable est en partie dû à l’échec de l’abrogation d’Obamacare ». De quoi conforter les craintes du gérant qui redoute que le report des réformes fiscales américaines éloigne le risque inflationniste mais révèle la fragilité du cycle.
Côté obligataire, le spécialiste continue de se montrer très dubitatif estimant que les emprunts d’Etat n’offrent que peu de valeur. Si les marchés misent toujours sur une posture accommodante des banques centrales, il est un segment qu’il privilégie actuellement : la dette émergente. Et ce pour trois raisons : elle offre une décorrélation vis-à-vis des taux développés, une opportunité de diversification et une moindre volatilité. Parmi ses "chouchoux" sur ce créneau : la dette mexicaine, notée « investment grade » avec un taux réel de 3,48% quand celui du Chili atteint 1,08%, celui d’Israël 0,6%, des Etats-Unis 0,33% et de l’Allemagne -1,13% pour n’évoquer que les pays « investment grade ». Le Brésil atteint certes 5,25% mais il est catalogué « high Yield ».
Concernant les élections françaises, Frédéric Leroux estime que la dette hexagonale est actuellement prise en otage, mais qu’il est « illusoire » de tirer des plans sur la comète. Les marchés ont, certes, commencé à « pricer » une éventuelle victoire de Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon avec un bond de l’écart entre le taux de l’OAT 10 ans français et le 10 ans allemand, lequel a culminé à près de 35% en février avant de revenir à 25% aujourd’hui. Pour l’expert, il sera bien temps, tout de suite après l’issue des votes, de couvrir ses portefeuilles en cas de « catastrophe ».
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