Bernard Arnault et Colony Capital jouent le "chacun chez soi" chez Carrefour
Blue Capital, le holding regroupant les participations de Bernard Arnault et Colony Capital dans Carrefour, vient de se scinder en deux. L'occasion de rationaliser leur participation au sein du distributeur.
Le holding regroupant les participations de Colony Capital et Bernard Arnault dans Carrefour, Blue Capital, se scinde en deux. L'opération, prévue de longue date, se concrétise aujourd'hui. L'occasion pour ces deux actionnaires de rationnaliser leur participation au sein du distributeur puisqu'au fil des années (leur entrée commune remonte à 2007), ils avaient acquis, l'un et l'autre, pas mal de titres qu'ils n'avaient pas forcément logés dans Blue Capital. Résultat : là où Blue Capital regroupait 8,1% du capital et 14,4% des droits de vote du distributeur français, Bernard Arnault et Colony Capital revendiquent à eux deux 14,4% du capital et 19,9% des droits de vote de Carrefour, chacun ayant regroupé au sein de sa structure respective ses avoirs dans ce groupe.
Cette restructuration actionnariale est-elle le prélude à une sortie de Bernard Arnault ou Colony Capital ? Les deux actionnaires précisent bien que cette opération ne remet pas en question leur entente sur ce dossier, confirmant au passage leur action de concert, non délimitée dans le temps par un pacte d'actionnaires. La rationalisation de leur portefeuille en serait la première motivation.
Après être entrés sur la base de près de 51 euros par action quand celle-ci s'équilibre aujourd'hui aux alentours de 23 euros (pour un plus bas de 12,80 euros), le leader mondial du luxe comme le spécialiste des actifs immobiliers n'ont pas intérêt à se précipiter pour vendre. Même si les achats qui ont suivi leur arrivée chez Carrefour ont sûrement permis d'abaisser le prix moyen de leur acquisition. D'autant qu'avec l'arrivée de Georges Plassat aux manettes du distributeur, il semble que tous les espoirs de reprise soient dorénavant permis et que l'inexorable baisse du titre soit enfin endiguée.
Sur le long terme, Bernard Arnault comme Colony Capital n'ont pourtant pas vocation à demeurer au capital de ce mastodonte. Le patron de LVMH, on le sait, est plutôt attiré par le luxe. Et cette prise de participation qui se voulait purement financière n'est pas stratégique. Raison pour laquelle elle est d'ailleurs intégrée au sein de la structure Bernard Arnault et non pas LVMH. Colony Capital, de son côté, avait vu dans ce groupe l'occasion de tirer avantageusement parti de son portefeuille d'actifs immobiliers qu'il jugeait trop peu valorisé. Depuis son entrée au capital, ce fameux portefeuille n'a pas vraiment évolué et les différents projets de mise en Bourse ont tous capoté. Soit parce que la période ne s'y prêtait pas, soit parce que les dirigeants du distributeur n'y étaient pas favorables. Sébastien Bazin, le patron de Colony Capital, finira donc peut-être par se lasser. A moins que Jacques Ehrmann, le nouveau patron du pôle immobilier, à la réputation aussi flatteuse que celle de Plassat dans son secteur, ne parvienne à réaliser l'exploit.
En tout cas, ces deux actionnaires sont maintenant "chacun chez soi" et peuvent facilement arbitrer leur position.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi

