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Suez reprend la main en Espagne

Après être sorti de Gas Natural, Suez Environnement prend le contrôle d'Agbar, numéro un de l'eau en Espagne, dans d'excellentes conditions.
Un mouvement peut en cacher un autre. La vente de la participation de Suez Environnement dans Gas Natural, non reprise par sa maison mère, GDF Suez, ne signifiait pas que le groupe avait abandonné toute ambition en Espagne. S'il semble en effet sortir de l'énergie par la petite porte, il consolide sa place dans l'environnement par la grande porte. Agbar, numéro un de l'eau espagnol avec 12 millions de clients et 27% de part de marché, jusqu'ici contrôlé à parité par Suez Environnement et par la Caixa, va devenir une filiale à 75% du groupe français. Par une opération complexe, Agbar va en effet proposer aux minoritaires qui détiennent 10% de son capital en bourse de racheter leurs titres à 20 euros par action. Parallèlement, Suez Environnement qui détenait directement et indirectement via Hisusa (filiale commune avec la Caixa) 45,9% d'Agbar va racheter une partie des titres de la caisse catalane pour monter à 75% du capital, l'espagnol conservant 25% pour garantir l'ancrage local toujours important dans les activités de services collectifs. Puisque Agbar en profite pour vendre sa filiale d'assurances au groupe financier de Barcelone, l'opération ne coutera que 400 millions d'euros en cash à Suez Environnement. Le prix est particulièrement bas puisqu'il y a à peine deux ans le tandem franco-espagnol était monté de 49 à 90% dans le champion de l'eau en rachetant les titres 27,6 euros. Comme la crise est passée par là, le nouveau prix, en baisse de 25%, offre néanmoins une prime acceptable de 21% sur la moyenne des derniers cours ! Pour une grosse goutte d'eau le groupe dirigé par Jean-Louis Chaussade fait ainsi une excellente opération. Il va contrôler par intégration globale un leader, pure player dans l'eau, présent outre l'Espagne, au Chili, au Mexique et en Chine. L'opération devrait accroitre son résultat opérationnel de 200 millions par an grâce à la rentabilté élevée d'Agbar (28% de marge opérationnelle contre 22% pour Suez). Un investissement donc très relutif. Et, malgré la consolidation de la dette d'Agbar, la hausse de 1,2 milliard de l'endettement du groupe qu'entraîne l'opération n'augmentera le ratio dette sur résultat brut que de 3,18 à 3,43. De quoi satisfaire les investisseurs les plus exigeants.
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