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Publication des résultats

Vivendi : une vache (à lait) et une tortue

Le groupe de Vincent Bolloré a publié un résultat opérationnel en hausse de 23% par rapport à 2016. Alors que Canal Plus peine encore à endiguer la fuite des abonnés, Universal Music joue son rôle de locomotive, un moteur essentiel d’autant que le dossier italien n’est pas encore réglé.
Vivendi - siège
Vivendi - siège

Vivendi avait annoncé la couleur, lors de l’annonce de son mini-profit warning en janvier, et a publié des résultats annuels en ligne avec les dernières prévisions : en 2017, le chiffre d’affaires du groupe a ainsi progressé de 4,9% à 12,44 milliards d’euros (contre un objectif de « près de 5% ») à taux de change et périmètre constants, et le résultat opérationnel est en hausse de 23,1% (contre « de l’ordre de 20 à 25% »), à 987 millions d’euros. Le résultat net ajusté bondit quant à lui de 73,9%, à 1,31 milliard d’euros, ce qui permet au groupe de Vincent Bolloré de relever son dividende de 12,5% à 0,45 euro par action.

L’homme d’affaires breton est à la croisée des chemins, que ce soit au niveau des performances actuelles de la société ou de ses projets de création d’un empire des médias et télécoms en Europe du Sud. L’exercice 2017 est ainsi en demi-teinte : d’un côté, Universal Music a brillé en raison du développement sans précédent du streaming, et a bénéficié de ses accords avec des géants des réseaux sociaux comme le Chinois Tencent, Spotify, Youtube ou encore Facebook. Ce qui lui a permis de faire grimper ses revenus de 10% à 5,67 milliards d’euros l’an passé, et le résultat opérationnel courant de 18,5% à 798 millions d’euros. L’horizon est en outre très clair pour Universal Music en 2018, qui a fait le pari de s’allier à ces plateformes pour en faire des partenaires, et non plus des concurrents, ce qui profite aux deux acteurs.

La météo est en revanche plus capricieuse du côté de Canal Plus, le canard boiteux du groupe qui a encore perdu 304.000 abonnés en Métropole en 2017 – et 1 million depuis l’arrivée de Vincent Bolloré à la tête du groupe. La chaîne payante pensait avoir renversé la tendance au troisième trimestre, lorsqu’elle est brièvement revenue dans le vert, mais rien n’y a fait. Le président du conseil de surveillance a échoué dans son pari, fait en avril dernier lors de l’AG, d’observer « une remontée considérable des résultats de Canal Plus au second semestre 2017 ». Les revenus de Canal Plus sont stables (+0,3%) à 5,24 milliards d’euros, et son revenu opérationnel remonte certes de 20% à 360 millions d’euros, mais par rapport à un exercice 2016 catastrophique. Les zones d’espoir existent toutefois : le taux de désabonnement a fortement chuté à 16,1%, les accords avec les opérateurs télécoms Orange et Free ont ramené 3,11 millions d’abonnés et l’offre du groupe connaît un grand succès en Afrique.

La filiale aura donc encore besoin des moyens de sa maison-mère pour contrer son hémorragie d’abonnés et reconstruire une base d’abonnés croissante et fidèle. Vivendi pourrait pourvoir à ces besoins en lançant l’IPO d’Universal Music, un dossier que Vincent Bolloré a envisagé au printemps dernier. Mais ce dernier sait mieux que quiconque que le timing est essentiel, et scrutera de près l’issue de celle de Spotify – sans augmentation de capital – cette année. Un placement réussi d’un bloc allant jusqu’à 20% du capital – soit de 2,3 à 4 milliards d’euros selon les estimations – offrirait une enveloppe bienvenue au groupe, dont la dette nette atteint 2,3 milliards d’euros. De quoi financer le développement d’une offre unique, un Netflix pan-européen, sur toute la chaîne de valeur, des contenus à la distribution. Avant cela, il faudra enterrer la hache de guerre avec Silvio Berlusconi sur le brûlant dossier Mediaset-Telecom Italia.


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