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L’économie verte, le cheval de bataille des fonds souverains
Alors que Donald Trump a décidé il y a quelques semaines de se retirer des accords de Paris sur l’environnement, la résistance continue chez les partisans, très nombreux, de cet accord historique. Ainsi, l'Union européenne a annoncé ce matin un approfondissement de ses alliances avec d'autres pays signataires, à commencer par la Chine, pour assurer sa mise en œuvre. Les ministres des Affaires étrangères des 28, réunis à Luxembourg, ont dans le même temps rejeté la demande de Donald Trump de renégocier ce pacte. L'accord de Paris est « adapté à son objectif et ne peut pas être renégocié », soulignent-ils dans un communiqué. A l’opposé d’un tel accord, Trump veut quant à lui relancer l’industrie du charbon aux Etats-Unis, pour recréer des emplois. En dehors du fait que cela risque de ne pas créer autant d’emplois que prévu, l’industrie du charbon est en perte de vitesse chez les investisseurs. Selon Arabella Advisors, les investisseurs dans le monde ont ainsi cédé pour 5.000 milliards de dollars d’entreprises liées à l’énergie fossile en 2016.
En tout cas, les fonds souverains sont de plus en plus nombreux à se désengager de ce secteur, à l’image du plus gros fonds souverain au monde: le fonds norvégien, Norges. Ce dernier, qui gère près de 900 milliards de dollars, est le pionnier en matière d’investissement vert et dans le développement durable, tout comme le pays est l’un des premiers à avoir développé cette économie. Le fonds souverain continue dans cette démarche en sortant petit à petit de son portefeuille ses participations dans les entreprises liées au charbon, pour ré-allouer ses investissements vers les nouvelles énergies. Il a ainsi décidé de sortir des entreprises qui génèrent au moins 30% de leur chiffre d’affaires grâce au charbon pour investir dans des entreprises comme NextRea Energie, société américaine qui exploite majoritairement de l’énergie éolienne à coté du gaz naturel et du solaire. Le comité d’éthique du fonds pourrait d’ailleurs recommander d’exclure ou de mettre sous surveillance toutes les entreprises liées au pétrole, au ciment et à l'acier. Parmi elles, Royal Dutch Shell ou encore Total par exemple. Par ailleurs, le fonds pousse les entreprises à déclarer leur politique en matière d’émissions carbone et ce qu’elles mettent en place pour lutter contre les changements climatiques.
Evidemment, le fonds norvégien reste l’un des exemples les plus représentatifs, et surtout qui peut peser le plus dans la stratégie d’une entreprise. Mais d’autres fonds souverains suivent désormais la même démarche. C’est le cas par exemple du fonds néo-zélandais, qui s’est fixé comme objectif de réduire son emprunte carbone. Dans le même sens, ce fonds entend réduire son exposition aux énergies fossiles. Tout comme son aîné, le fonds va investir plus encore dans les énergies renouvelables, comme par exemple dans Lanzatech, une société innovante dans le domaine de la réduction des gaz à effets de serre.
En France, la CDC elle aussi s’est lancée dans une politique verte, et s’est fixée comme objectif de baisser l’empreinte carbone de son portefeuille de 20% d’ici à 2020, et de sortir les entreprises ayant au moins 20% de leur activité dérivant du charbon. Autre acteur important, le fonds de pension Suédois, AP7 a vendu ses positions dans six entreprises qui violaient les accords de Paris sur l’environnement.
Les fonds souverains sont donc nombreux à sortir ou en tout cas mettre en œuvre des stratégies d’investissement de lutte contre le réchauffement climatique. Là où le cercle est vertueux, c’est que ces fonds ont été créés pour gérer les revenus du pétrole et des énergies fossiles et qu'ils n'hésitent pas à aller sur le terrain de l'énergie verte, comme le fonds souverain d’Abu Dhabi qui a investi récemment dans Greenko ou encore ReNew Power, deux entreprises dédiées aux énergies renouvelables. Le véritable virage vers une économie plus verte au niveau mondial interviendra le jour où, comme le fonds norvégien, ceux d’Arabie Saoudite ou d’Abu Dhabi, décideront de sortir du pétrole.
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