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Sur les marchés
Stéphane Boujnah : "on n'a pas vocation à rester un petit bonzaï !"
« Se reposer, ou rester libre, il faut choisir, disait Thucydide. Nous avons clairement fait le choix d’être libres », lance en guise de profession de foi Stéphane Boujnah, pour évoquer la stratégie mise en place chez Euronext depuis son arrivée.
Ce qui veut bien dire que l’homme fort de la place paneuropéenne ne ménage pas ses efforts pour faire bouger les lignes d’un paysage boursier tout à la fois évolutif et stratifié. Evolutif dans la mesure où les différents acteurs du secteur se démènent afin de croître sur certains segments de marché. Stratifié dans le sens où les récentes tentatives de mariage entre plusieurs grandes plateformes européennes ont toutes échoué.
Contexte dans lequel navigue pourtant assez bien Stéphane Boujnah. Euronext vient ainsi d’émettre pour 500 millions d’euros d’obligations sur la place de Dublin, sa dernière acquisition. Soit une première pour l'acteur paneuropéen depuis son IPO de 2014. L’opération menée par Crédit Agricole CIB et BNP Paribas a été sursouscrite 4,4 fois. Ce dont peut s’enorgueillir Stéphane Boujnah au regard de la frilosité actuelle des investisseurs, en raison de la forte volatilité des marchés. Objectif de cette émission de dette ? Donner de la flexibilité à l’entreprise pour mener à bien ses ambitions. « On n’a pas vocation à rester un petit bonzaï. Euronext est aujourd’hui une entreprise performante financièrement grâce à la discipline de coûts que nous avons instaurée. Il faut maintenant diversifier notre base de revenus pour croître », précise le numéro un du groupe.
Côté croissance, celui-ci a déjà identifié plusieurs Bourses indépendantes et rentables susceptibles d’être intégrées. "Notre ambition est de devenir la colonne vertébrale de l’union des marchés de capitaux en Europe, notre structure fédérale est parfaitement adaptée pour cela".
Côté diversification, l’idée est de proposer davantage de services technologiques, de post marché et d’indices et ce, alors que le cash actions représente 45% du business actuel et les données de marché (market data) 20%. Une nouvelle plateforme technologique est ainsi en train d’être mise en place.
« Notre projet est ambitieux. Euronext est clairement en train de changer de catégorie et nous comptons bien accélérer le mouvement pour accroître significativement notre taille », ajoute Stéphane Boujnah qui prend pour exemple la marge d’Ebitda de son groupe, passée à 56% aujourd’hui contre 29% lorsqu’il est arrivé. Quant au cours de Bourse, il évolue actuellement aux alentours de 59/60 euros contre 20 euros lors de l’IPO de 2014.
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