Le fonds activiste Elliott donne à nouveau de la voix
Et pendant ce temps, les actionnaires continuent de donner de la voix dans le monde : le fonds spéculatif Elliott Advisors, bien connu des financiers mondiaux et notamment français pour s’être immiscé dans la fronde contre la prise de contrôle de l’américain XPO dans Norbert Dentressangle, s’en prend au groupe pharmaceutique Akzo Nobel. Il exhorte ainsi depuis plusieurs semaines son président à discuter avec son concurrent américain PPG Industries en vue d'une fusion. Comme il n’a pas l’air d’adhérer à ce projet, Elliott annonce aujourd’hui avoir lancé une action en justice pour tenter d'évincer Antony Burgmans, le président du groupe néerlandais.
Dans une lettre, Elliott estime, en effet, que le rejet par Akzo Nobel de la troisième offre de PPG, d'une valeur de 26,3 milliards d'euros, constitue "une violation flagrante des obligations fiduciaires des organes dirigeants d'Akzo Nobel et du droit des sociétés néerlandaises, et (...) un rejet hautain des principes reconnus de bonne gouvernance d'entreprise".
Elliott a déposé sa plainte auprès du tribunal de commerce d'Amsterdam en demandant à un juge d'ordonner la tenue d'une assemblée générale extraordinaire des actionnaires chargée de se prononcer sur l'éviction éventuelle d'Antony Burgmans en raison de son refus de négocier avec PPG. Elliott Advisors, qui détient 3,25% du capital d'Akzo Nobel, s'est joint à des investisseurs institutionnels représentant plus de 10% de parts pour réclamer cette AGE.
Par le passé, Elliott s’est notamment fait remarquer dans le cadre des problèmes financiers de l’Argentine compte tenu de son importante participation dans la dette du pays. Il a également été épinglé par l’AMF en 2014 qui l’a condamné à 16 millions d’euros d’amende dans le dossier de la vente des titres APRR à Eiffarie (le tandem Eiffage-Macquarie).
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