L'inventaire à la Prévert des coupes dans la dépense publique
La manière dont le gouvernement s'y prend pour trouver 500 millions d'euros fait peine à voir, et n'est pas à la hauteur du risque de perte du triple A.
WanSquare s'est procuré le détail précis des 501 millions d'économies budgétaires votées dans le cadre du projet de loi de finances pour 2012. Il s'agit d'une véritable collection de petits ruisseaux qui montrent à quel point il a été difficile pour les administrations en question d'admettre le principe même de la rigueur.
La preuve en est que la principale source d'économies réside dans l'instauration du fameux jour de carence pour les fonctionnaires civils et militaires en cas d'arrêt maladie. Une mesure qui va permettre de réduire la dépense publique de 120 millions d'euros environ.
A côté de cela, le gouvernement a prévu une réduction des dépenses de communication des ministères, hormis l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) et la Sécurité routière à hauteur de 36 millions d'euros, une réduction des dépenses de fonctionnement des ministères de la Défense, du Budget, de l'Intérieur, de l'Agriculture et des services du Premier ministre à hauteur de 75 millions d'euros, une réduction des dépenses de personnel au ministère de l'Écologie pour 10 millions d'euros et une réduction des budgets des opérateurs de l'État pour 24 millions d'euros, dont France Télévisions (15 millions d'euros), l'INA (1 million d'euros), Arte (1 million d'euros), AEF (1 million d'euros), Radio France (2 millions d'euros), le Centre des monuments historiques (2 millions d'euros) et la Maison de l'histoire de France (2 millions d'euros).
Du côté des dépenses d'investissement ou d'infrastructures, il est prévu par ailleurs une réduction de 91 millions d'euros, dont 42 millions d'euros au ministère de la Défense, 40 millions d'euros au ministère de l'Écologie (sur les crédits de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France) et 9 millions d'euros au ministère de la Justice.
Enfin, source classique d'économies : les dépenses d'intervention discrétionnaires pour 145 millions d'euros, dont 7,4 millions d'euros aux Affaires étrangères, 8 millions d'euros à l'Intérieur, 13,5 millions d'euros à l'Agriculture, 13 millions d'euros aux Anciens Combattants (rentes viagères), 15 millions d'euros à l'Écologie, 10 millions d'euros à l'Outre-mer, 50 millions d'euros au ministère des Solidarités, 10 millions d'euros au ministère du Travail, 2 millions d'euros au ministère de la Ville (crédits du secrétariat général du comité interministériel des villes et de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances), 2 millions d'euros à l'Éducation nationale (subventions aux associations dans l'éducation primaire) et 2 millions d'euros au ministère des Sports (subventions aux fédérations sportives).
Ces efforts sont louables, mais ils montrent à quel point l'Etat n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation financière qui le frappe. Quoiqu'en dise François Baroin. C'est ce que révèle encore aujourd'hui l'écart de taux de rendement record (190 points de base) entre la France et l'Allemagne.
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