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Mario Draghi plus confiant dans la reprise de la zone euro

Le président de la BCE estime qu'un début de reprise pourrait démarrer dès le second semestre. Mais les taux directeurs seront tout de même maintenus aux taux actuels pendant "une période prolongée", confirmant le forward guidance du mois dernier.
Même l'Allemagne a approuvé l'idée d'une communication de la BCE plus transparente alors qu'elle avait jusqu'ici freiné des quatre fers. Ce matin, Jens Weidman, dans la foulée de Benoit Coeuré et Jorg Asmussen lundi et de Draghi hier soir, a affirmé son soutien à la publication des minutes de la réunion de la politique monétaire de la BCE. Un sujet qui a été amplement discuté lors de la conférence de presse d'aujourd'hui. Car si la BCE s'était jusqu'à présent abstenue de publier les comptes rendus de ses réunions, à l'image de ce que font la Banque d'Angleterre ou la Federal Reserve, c'est sans doute parce que ses membres craignaient une politisation des décisions des gouverneurs. L'Allemagne en particulier, a toujours défendu bec et ongles la neutralité de Francfort et Jean-Claude Trichet autrefois, très attaché à la doctrine allemande, ne cessait de répéter que la BCE n'était pas la banque d'un seul pays mais de l'ensemble des Etats de la zone euro. Des propos que Mario Draghi s'est quelque peu approprié cet après-midi, en répétant que la mise en place de minutes serait très complexe et devait éviter à tout prix de nuire à l'indépendance de l'institution. Mais tout en prenant ces précautions, Mario Draghi a tout de même annoncé que le board exécutif de la BCE présenterait à l'automne prochain une proposition de publication des Minutes. Selon ING, si la BCE décide effectivement de suivre ses conseurs américaine et britannique, elle ne devrait cependant pas dévoiler les noms des gouverneurs dans les comptes rendus, afin de préserver leur indépendance. Sur les autres sujets plus traditionnels de l'inflation et la conjoncture, Mario Draghi n'a pas tellement changé de discours depuis le mois dernier. Selon lui la hausse des prix est maîtrisée et ne constitue pas un risque à court terme. Il s'est montré un peu plus confiant dans l'évolution économique de l'UE dans les prochains mois, estimant que plusieurs enquêtes récentes témoignaient d'une stabilisation en zone euro, et que la politique monétaire accommodante actuelle devrait permettre de soutenir une reprise progressive au deuxième semestre. Le président est toutefois resté extrêmement prudent quant aux prévisions économiques et répété que la faiblesse de la conjoncture justifiait de maintenir les taux au niveau actuel voire plus bas "sur une période prolongée ". Confirmant ainsi la forward guidance dévoilée lors de la dernière réunion de politique monétaire de juillet. Mario Draghi est donc resté relativement peu précis en ce milieu d'été au risque de paraître contradictoire avec sa volonté d'afficher une plus grande transparence au sein de la BCE. " La BCE est peut être en train de réfléchir à des outils pour clarifier sa stratégie à l'égard des marchés, mais elle n'a pour autant jamais été aussi vague qu'aujourd'hui lors de la conférence de presse ! ", s'est moqué Peter Vanden Houte analyste chez ING. Selon lui, même si les premiers signaux de la reprise semblent apparaître, la BCE ne pourra sans doute pas se passer d'une nouvelle intervention pour soutenir le marché du crédit qui peine à redémarrer dans les pays du sud.
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