Natixis, le "roc" de BPCE
Si BNP Paribas et Société Générale n’ont pas su compenser la faiblesse des activités de marché et la comparaison certes défavorable par rapport à la forte volatilité liée au Brexit l’an passé, tel n’est pas le cas de Natixis. Au troisième trimestre, sa maison-mère BPCE a limité la casse : malgré une activité médiocre de son réseau de Caisses d’Epargne, dont le résultat opérationnel a reculé de 7,5% en raison du contexte difficile des taux d’intérêt bas, la banque mutualiste n’affiche qu’une baisse de 2,5% de son résultat net, à 931 millions d’euros, pour un PNB quasiment stable à 5,69 milliards d’euros. Cela est dû aux très bons résultats de sa banque d’investissement Natixis, qui a démontré son agilité et sa capacité à se positionner sur les activités porteuses.
La banque d’investissement dirigée par Laurent Mignon a ainsi publié un résultat net de très bonne facture, en hausse de 29% à 383 millions d’euros. Elle a ainsi réussi à tirer son épingle du jeu en restant à l’équilibre dans la division Global Finance et Investment Banking (-1%) alors que BNP Paribas affichait une baisse de 8% sur la même période. Et a misé sur la gestion d’actifs et l’assurance, qui ont le vent en poupe en ce moment : d’une part, la première affiche un PNB en hausse de 18% et une collecte nette de 3 milliards d’euros, soit la preuve que pour les bonnes stratégies, les investisseurs sont toujours attirés par la gestion dite active. Laurent Mignon n’a pas voulu commenter les rumeurs sur un rapprochement avec Axa, et a tout au plus déclaré : « nous étudions de façon régulière des dossiers et on engage des discussions avec un certain nombre d’acteurs », ce qui indique qu’une consolidation de la gestion d’actifs française reste à l’étude.
L’assurance, qui est désormais regroupée sous un segment unique, voit de son côté son PNB grimper de 12% et le chiffre d’affaires global bondit même de 32% si l’on exclut la fin du partenariat historique avec CNP Assurances.
Au total, BPCE a certes bénéficié de la dynamique de sa banque d’investissement, mais doit fourbir ses armes face à plusieurs défis de taille. La banque en ligne tout d’abord, avec l’arrivée d’Orange Bank sur le marché qui, comme en convient François Pérol, va entraîner « une forte pression » sur les prix des services bancaires. Le groupe n’a pas d’autre choix que d’accélérer le pas pour le lancement de Fidor Bank, qu’il a racheté il y a un an et qu’il prévoit de lancer l’année prochaine.
Mais aussi les désagréments de la « surtaxe » d’impôts sur les sociétés appliquée à tous les groupes dépassant 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Une mesure destinée à compenser à moitié le déficit budgétaire lié au veto sur la taxe sur les dividendes, et qui a provoqué une ferme opposition de la part de François Pérol. « L’impact de la surtaxe pour notre seul groupe sera supérieur à 200 millions d’euros. Il n’y a pas besoin de sortir de Polytechnique ou HEC pour comprendre que c’est un projet qui n’est pas équitable », a-t-il déploré lors de la publication des résultats trimestriels de BPCE. Le groupe a proposé de ne taxer les groupes mutualistes qu’au plan régional afin d’alléger la facture, mais doit encore faire entendre sa voix auprès des parlementaires, qui ont voté le principe de cette surtaxe le même jour à l’Assemblée, un hasard du calendrier.
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