Les salariés américains disent merci à Trump
C’est sans conteste la grande victoire de son début de mandat, « historique », et « qui rend sa grandeur à l’Amérique ». Mercredi, Donald Trump n’a pas boudé son plaisir d’annoncer le passage de la réforme fiscale par le Congrès américain, un geste de 1.500 milliards de dollars destiné, selon ses dires, à améliorer la situation de la classe moyenne. Cela n’a pas échappé aux grandes entreprises américaines, qui vont elles-mêmes bénéficier d’une baisse de 14 points de l’impôt sur les sociétés et d’une amnistie fiscale sur le rapatriement des profits détenus à l’étranger. Mais ces dernières ont tenu à embrasser la dialectique du Président Trump et les cadeaux de fin d’année envers leurs employés ont été la meilleure raison de cette autopromotion à peine voilée.
Le constructeur aéronautique Boeing a été le premier à dégainer et a annoncé que grâce à ce vote, il allait investir 300 millions de dollars dans la formation de ses employés, l’amélioration des infrastructures pour ses salariés et des investissements caritatifs. L’opérateur télécoms AT&T n’a pas tardé non plus et une heure plus tard, a fait savoir qu’il allait distribuer un bonus de 1.000 dollars à chacun de ses 200.000 salariés. Car le groupe dirigé par Randall Stephenson joue encore plus gros : sa fusion géante à 85 milliards de dollars avec Time Warner a été retoquée par le ministère de la Justice, qui a lancé une action en justice pour décider du sort de cette opération. Un recours rare et qui en dit long sur l’influence du locataire de la Maison Blanche, qui y est opposé depuis de longs mois.
Toujours dans les télécoms, le câblo-opérateur Comcast a lui aussi alloué un bonus de 1.000 dollars à 100.000 employés et a surtout annoncé une enveloppe de 50 milliards de dollars afin d’améliorer les infrastructures télécoms du pays. Une douce musique aux oreilles du Président, qui n’a pas encore eu l’occasion de mettre à bien le plan de 1.000 milliards de dollars d’infrastructures qui faisait partie de son programme de campagne. Du côté des banques, Wells Fargo – qui n’était pas en odeur de sainteté après avoir révélé la manipulation de millions de comptes bancaires en interne – a relevé le salaire horaire minimum à 15 dollars et annoncé investir 400 millions de dollars dans des programmes sociaux. Chez Fifth Third Bancorp, l’augmentation du salaire horaire à 15 dollars s’est couplé d’un bonus de 1.000 dollars à destination de ses 13.500 employés.
Rappelons que l’ensemble de ces entreprises dépendent de secteurs fortement régulés et ont à cœur de rester dans les bons papiers du Président. D’autant que Donald Trump a également promis de réduire les réglementations de nombreux secteurs – notamment financiers – qui pèsent sur leur activité et sur la croissance du pays. Ses électeurs croient-ils en l’ambition de la réforme fiscale ? Deux tiers d’entre eux sont circonspects et pensent qu’elle va favoriser les plus riches, selon un sondage de NBC News et du Wall Street Journal. Donald Trump maintient en tout cas l’inverse, même s’il s’est encore félicité des records atteints par les marchés boursiers depuis son élection il y a quelques jours.
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