Vente de la Bourse de Chicago : Un deal très politique
Une petite opération qui donne du fil à retordre aux autorités américaines. La SEC, l’autorité des marchés financiers américaine a en effet souhaité se donner plus de temps pour prendre sa décision sur la vente de la Bourse de Chicago. L’opération en elle-même est petite, tant en montant puisqu’elle est valorisée 27 millions de dollars qu’en poids sur le marché américain, la Bourse de Chicago ne traitant que 0,5% des transactions financières du pays. Mais l'opération présente un aspect très politique à défaut d’être stratégique.
En effet, seul un consortium d’investisseurs, dont quelques américains, mené par le chinois Chongqing Casin Enterprise Group, a fait une offre de rachat. A l’heure du protectionnisme accru au pays de l’Oncle Sam, on comprend mieux les doutes et réticences de la SEC à vendre un ancien joyau financier à la Chine. Car selon les avocats de la SEC, Chongqing aurait des liens directs avec le gouvernement chinois. Le régulateur des marchés américain a donc écrit à la Bourse de Chicago, expliquant le délai par des demandes d’informations supplémentaires. L’approbation de la SEC serait ainsi le dernier rempart à l’arrivée chinoise à Chicago, le comité des investissements étrangers aux Etats-Unis (Committee on Foreign Investment in the United States) ayant donné son accord à cette transaction en décembre dernier.
Pour le Chicago Stock Exchange, ce rachat lui permettrait de revenir dans la course en faisant la part belle aux petites capitalisations et plus particulièrement de nationalité chinoise. Cela répondrait ainsi aux attentes du nouveau président de la SEC, Jay Clayton, qui a annoncé vouloir augmenter les IPO dans le pays, lors de sa prise de pouvoir en mai dernier. Pour les Chinois, cette acquisition leur permettrait de disposer d’un accès pour la cotation de petites entreprises dans l'attente de se faire une place sur les Bourses chinoises. Plusieurs centaines d’entre elles attendraient dans les cartons de la China Securities Regulatory Commission (autorité des marchés chinoise).
La décision est reportée sine die, mais la SEC pourrait pousser l'opération étant donné le nombre d'emplois et de transactions financières que cela pourrait apporter au pays.
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