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Macron arrive en pleine reprise économique !
Emmanuel Macron est décidément né sous une bonne étoile. Non content d'avoir remporté l'élection présidentielle, un an seulement après la formation de son mouvement politique, devenant ainsi le plus jeune chef d'Etat français, il devrait aussi bénéficier d'une conjoncture très favorable pendant le début de son mandat. Ce qui pourrait l'aider à faire passer ses réformes les plus difficiles, dans un contexte de reprise de la croissance et d'optimisme des acteurs économiques.
Les enquêtes de confiance PMI sont ainsi au plus haut depuis six ans, et même si le premier trimestre n'a pas performé de façon aussi dynamique que ce que laissaient espérer les indicateurs avancés (+0,3%), le deuxième trimestre devrait connaître une accélération de la croissance. C'est du moins ce que prévoit la Banque de France, qui a publié ce matin ses estimations pour le T2 : l'institution anticipe une hausse de 0,5% du PIB entre mai et juin, soit la même anticipation que l'INSEE dans une note de conjoncture publiée mi-mars.
La Banque de France fonde notamment ses prévisions sur les bons résultats de son enquête mensuelle de conjoncture publiée ce matin également : la production industrielle, qui a accéléré dans tous les secteurs (sauf dans l'automobile) au mois d'avril, devrait continuer de croître en mai, selon les chefs d'entreprise interrogés. L'indice s'est ainsi établi à 104 en avril après 103 en mars. Certes, l'indice a légèrement baissé dans les services et le bâtiment. Mais la progression du secteur industriel, le plus à la peine de l'économie française, est une particulièrement bonne nouvelle. Sachant que les chefs d'entreprise du secteur ont revu leurs dépenses d'investissement à la hausse, selon la dernière enquête de l'INSEE, à 6% sur 2017, autre signal du regain d'optimisme dans le secteur secondaire.
Malgré cette accélération de la croissance, la Banque de France table sur une hausse du PIB de 1,3% pour cette année, soit légèrement inférieure aux prévisions du gouvernement (1,5%), du FMI et de la Commission (1,4%). Le nouveau Président de la République prévoit de son côté une croissance de 1,4% pour 2017. Un objectif qui devrait être atteint, selon le consensus des analystes, alors que le Président bénéficie d'un retour de cycle positif, qui sera amplifié par son arrivée au pouvoir, que la plupart des chefs d'entreprise espérait. La victoire du centre "renforcera le climat des affaires et entraînera une légère hausse de la croissance pour 2018 et 2019, tout en favorisant les investissements publics et une meilleure soutenabilité des finances publiques", estime ainsi Julien Manceaux, analyste chez ING.
Mais Emmanuel Macron, qui compte commencer son mandat en s'attaquant à la réforme du code du travail, pourrait être confronté à la traditionnelle grogne des syndicats, retardant la mise en oeuvre de l'un des axes majeurs de son programme. Le nouveau Président a déjà expliqué qu'il aurait recours aux ordonnances, pour mener à bien son projet. Mais il devra pour cela obtenir une majorité à l'Assemblée, notamment pour voter la loi d'habilitation lui permettant de définir le ou les domaines sur lesquels porteront les ordonnances. Et les députés devront ensuite approuver lesdites ordonnances. "Cette formule politique étant encore inédite, nous voyons à court terme un risque d'instabilité politique potentiel, qui dépendra des résultats des élections législatives du 18 juin", résume Julien Manceaux. Le fameux troisième tour social...
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