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LVMH : producteur de cash !

Tous les indicateurs du numéro un mondial du luxe sont au-dessus des attentes du marché. Et l'année 2011 démarre sur des chapeaux de roue.
Bernard Arnault a le triomphe modeste lorsqu'il égraine les comptes annuels du groupe qu'il dirige. Bien sûr l'année 2010 a été l'année de tous les records. Bien sûr le chiffre d'affaires franchit pour la première fois la barre des 20 milliards d'euros, avec une progression de 19 % (13 % en organique, le solde provenant de l'évolution des taux de change). Bien sûr le résultat opérationnel s'établit à plus de 4,3 milliards d'euros; ce qui correspond à une marge de plus de 21 % (en hausse de 160 points de base !). Bien sûr le bénéfice net s'établit juste au-dessus des 3 milliards d'euros, alors que l'ensemble des analystes s'attendait à un montant maximum de 2,6 milliards. Ce qui permet à LVMH d'afficher une marge nette de 15 %. Mais le seul indicateur que Bernard Arnault savoure vraiment, c'est le niveau du cash flow disponible : plus de 3 milliards d'euros, en progrès de 39 %. Il faut mesurer ce que représentent ces 3 milliards d'autofinancement (20 milliards de francs pour ceux qui aiment bien se raccrocher à des mesures tangibles). C'est à la fois un indicateur de l'indépendance financière du groupe. Pour preuve son endettement ne représente plus que 15 % de ses fonds propres. Ce qui constitue un levier important à un moment où le coût de l'argent se renchérit de jour en jour. C'est ensuite la mesure du "pricing power" du groupe ; c'est-à-dire de sa capacité à accroître ses prix, sans affecter l'élasticité de ses ventes. Enfin, en termes relatifs, une année de cash flow disponible pour LVMH représente plus que la seule capitalisation boursière de Bulgari ou de Tod's, et assez pour s'offrir 60 % de Tiffany ou de Burberry. C'est dire à quel point LVMH fait désormais la course en tête. D'autant que tout cela n'est pas fini. Au cours du mois de janvier, le groupe a enregistré une accélération de ses performances, dans tous les secteurs d'activité. A tel point que la pénurie de produits affecte désormais, non seulement la maroquinerie, mais aussi le champagne. Et l'année 2011 devrait voir une belle performance de l'activité parfums avec de gros moyens publicitaires engagés pour pousser les ventes de Miss Dior et de J'adore, qui est devenu, l'an passé, le parfum le plus vendu en France. Autant dire qu'à côté de telles perspectives, la médiocre performance du marché japonais, représente à peine un caillou dans la chaussure du géant du luxe. Et la guerre de positions qui s'engage autour d'Hermès n'est qu'un épiphénomène. A n'en pas douter, tous les analystes financiers qui s'apprêtent à assister à la présentation formelle de ces comptes vont en ressortir avec des objectifs de cours, fortement révisés à la hausse. Si aucun "cygne noir" ne vient casser la croissance mondiale, les records de 2010 seront allègrement pulvérisés dans un an par de nouveaux sommets. Ce qui justifierait, en toute logique, une appréciation de 30 % du cours de bourse, d'ici la fin de cette année.
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