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Désintermédiation : le prix à payer

Selon bfinance, les sociétés européennes dépensent en moyenne 540 000 euros par an pour être notées, condition indispensable pour se financer régulièrement sur le marché. Et les tarifs ne cessent d'augmenter.
La désintermédiation a fait bien du chemin ces dernières années. De plus en plus de sociétés, qu'elles soient cotées ou non, vont sur les marchés pour se financer. Ces derniers leur permettent d'être moins dépendantes des banques et de multiplier leurs sources de financements ou encore d'allonger la maturité de leur dette. Mais, pour avoir accès à la dette obligataire, dès lors que les sommes levées dépassent les 500/600 millions d'euros, les entreprises doivent faire appel à une ou plusieurs agences de notations. Bien que les avantages à passer par ces institutions soient nombreux, la question du prix n'est pas négligeable. Selon une étude, menée par bfinance auprès de 30 entreprises non financières notées européennes et publiée mercredi, cette condition d'accès aux marchés coûte en moyenne 540 000 euros par an. Une somme qui n'empêche pas la désintermédiation d'entrer peu à peu dans les moeurs, et ce notamment à cause de trois grands facteurs, selon bfinance. D'abord par la mise en oeuvre de Bâle 3, qui n'encourage pas les banques à prêter. L'émission revêt aussi une dimension stratégique : moins demander à sa banque, c'est améliorer la rentabilité de sa relation avec cette dernière, mais aussi accroître la liquidité de son groupe. Enfin, le financement par les marchés a été boosté par la conjoncture (conditions de financement favorables, développement du marché des placements privés en euros). Ainsi, la part des financements obligataires (coté et privés) dans la dette brute des principales sociétés cotés françaises (hors financières) a atteint 64% en 2012, contre 58% en 2010. Une douce hausse en soi, mais qui concerne "un univers plus large d'entreprises". Or "les agences (de notations) sont un vecteur indispensable d'accès régulier aux financement de marché. La notation facilite l'identification de l'émetteur auprès de la communauté des investisseurs", souligne bfinance. Les sociétés interrogées ne citent en revanche pas la réduction des coûts lorsqu'elles prennent la décision de se faire noter. Pourtant, l'abandon de la notation résulterait en une hausse du coût de financement qui pourrait dépasser les 50 points de base, selon les estimations de 33% des entreprises interrogées. A noter que la plupart de ces dernières sont suivies par Moody's et/ou Standard & Poor's. Combien faut-il compter pour être noté ? En moyenne 540 000 euros. Certains groupes (7%) dépensent même plus d'un million d'euros. Une facture qui comprend les commissions fixes de notation, les commissions variables sur les émissions de dette et les variables de suivi sur l'encours de dette. "La hausse des commissions de notation ressort à 10% en moyenne sur l'année écoulée et suscite la grogne de beaucoup d'émetteurs historiques", explique le cabinet de conseil. Certains émetteurs européens font même état d'augmentations de commissions allant jusqu'à 60% ! Les intéressées ont admis relever régulièrement leurs tarifs depuis plusieurs années mais réfutent appliquer des hausses aussi significatives, rapporte bfinance. L'augmentation des prix serait liée à la complexification des instruments de financement utilisés par les sociétés, aux investissements consentis pour être plus transparentes comme l'exige l'Autorité européenne des marchés financiers (Esma) et à la volonté de produire plus d'analyses transverses. "La notation représente une petite part du coût total d'une émission obligataire", précise Standard & Poor's. Cela étant dit, une grande partie des sociétés dit apprécier la pertinence et le professionnalisme des équipes des agences. Elles n'hésitent pas à souligner que leurs juges ont une bonne compréhension de leur modèle et de leur stratégie. Or la qualité, ça a un prix.
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